Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Hydrocarbures/Bilan à septembre 2026

Date de création: 18-10-2026 20:01
Dernière mise à jour: 18-10-2026 20:01
Lu: 29 fois


ENERGIE- HYDROCARBURES- HYDROCABURES/ BILAN À FIN SEPTEMBRE 2026

Les exportations d’hydrocarbures ont rapporté à l’Etat 37,5 milliards de dollars à fin septembre 2026, soutenues notamment par la hausse des prix sur les marchés internationaux.
Premier membre du gouvernement auditionné par la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présentésamedi 17 octobre 2026 , le bilan de son secteur et ses perspectives de développement à l’horizon 2030. Cette évolution des recettes s’explique, affirme le ministre, par la hausse du prix moyen du pétrole brut algérien, qui a atteint près de 97 dollars le baril à fin septembre 2026, en progression de 37% par rapport à la même période de 2025. Le prix moyen du gaz algérien commercialisé s’est, pour sa part, établi à environ 11,3 dollars par million d’unités thermiques britanniques. Sur le plan fiscal, Mohamed Arkab a fait état de recettes de fiscalité pétrolière de 2841 milliards de dinars, dépassant de 5% les prévisions retenues dans la loi de finances 2026, fixées à 2698 milliards. Pour l’exercice 2027, les recettes attendues sont estimées à 2652 milliards de dinars, sur la base d’un prix de référence du pétrole de 60 dollars le baril.
Ces prévisions interviennent dans un contexte marqué, selon M. Arkab, par les incertitudes géopolitiques et les fluctuations des marchés énergétiques internationaux. Dans ce contexte, le ministre a souligné la place de l’Algérie en tant que fournisseur fiable de gaz naturel, alors que la demande européenne pour le gaz algérien augmente. Il a également évoqué le renouvellement et la signature de contrats d’approvisionnement à long terme avec plusieurs partenaires, notamment l’Italie, l’Espagne, la Slovénie, la Tchéquie et l’Allemagne. Le bilan présenté par M. Arkab fait par ailleurs ressortir une progression des investissements de Sonatrach.

Ceux-ci ont dépassé 6 milliards de dollars à fin septembre, contre 5,3 milliards de dollars à la même période de 2025, soit une hausse de 21%. Le ministre a aussi indiqué que le groupe avait réalisé 17 nouvelles découvertes grâce à ses propres moyens et enregistré une augmentation de la production primaire d’hydrocarbures. Evoquant la consommation intérieure, l’invité de la Chambre basse du Parlement a relevé qu’elle avait atteint environ 59 millions de tonnes équivalent pétrole.
Cette évolution est principalement liée à la hausse de la demande de gaz et, dans une moindre mesure, à celle des produits pétroliers, notamment durant les fortes chaleurs et les incendies enregistrés au cours de l’été. Pour les prochaines années, Mohamed Arkab a présenté des objectifs qui portent autant sur l’augmentation de la production que sur la transformation des ressources sur le territoire national. Le secteur vise une production primaire d’environ 201 millions de tonnes équivalent pétrole à l’horizon 2030. Le ministre ambitionne aussi de porter à plus de 50% la part des hydrocarbures transformés et valorisés, contre près de 30% actuellement.
Pour atteindre ces objectifs, une enveloppe d’investissement, estimée à 71,6 milliards de dollars, a été consacrée au développement des activités du secteur, selon les données exposées devant les députés. Elle comprend 52 milliards de dollars destinés aux activités en amont et environ 13 milliards pour le raffinage et la pétrochimie. Parmi les projets industriels figurent la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud et plusieurs unités pétrochimiques à Arzew et Skikda. La valorisation des ressources minières concerne aussi le projet intégré de phosphate de Bled El Hadba, à Tébessa, et d’Oued Keberit, à Souk Ahras.

Les études d’ingénierie détaillées ont été lancées et les installations d’enrichissement, de transformation chimique et de transport sont en cours de développement. Le projet prévoit l’extraction de 10,5 millions de tonnes de phosphate brut par an et la production de 5,5 millions de tonnes de phosphate enrichi commercialisable.
Sa première phase vise une production annuelle de 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et de 570 000 tonnes d’engrais azotés. La chaîne de production doit relier les sites miniers aux unités de transformation, au réseau ferroviaire et au port de Annaba, avec pour objectif de mieux valoriser les ressources nationales et diversifier les exportations.
Pour attirer de nouveaux investisseurs dans les hydrocarbures, l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) a lancé l’appel d’offres international «Algeria Bid Round 2026», portant sur sept périmètres d’exploration à Ouargla, Illizi, Touggourt et El Bayadh. Près de 60 entreprises ont manifesté leur intérêt et 21 ont été qualifiées, selon les chiffres communiqués par Mohamed Arkab.
Sonatrach poursuit, de son côté, ses partenariats avec plusieurs compagnies internationales, notamment l’italienne Eni, l’indonésienne Pertamina, l’espagnole Repsol, la chinoise Sinopec et l’américaine Occidental Petroleum, dans le cadre de la loi régissant les activités des hydrocarbures.
Le projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger figure parmi les autres dossiers évoqués devant les députés. Le ministre a confirmé la reprise des négociations conformément au calendrier prévu, ainsi que le lancement, le 4 juin 2026, des travaux sur le tronçon algérien dans la wilaya d’Adrar.
Sur le volet environnemental, Mohamed Arkab a souligné la poursuite des efforts visant à réduire l’empreinte carbone du secteur. Sonatrach s’est fixé pour objectif de ramener le torchage du gaz à moins de 1% à l’horizon 2030, d’éliminer le torchage de routine et de réduire presque à zéro les émissions de méthane liées à ses activités. Le ministre a par ailleurs évoqué un programme de reboisement de 520 000 hectares sur dix ans, pour un investissement dépassant un milliard de dollars.
Par ailleurs, le budget sectoriel pour 2027 est estimé à environ 63 milliards de dinars. Selon Mohamed Arkab, cette enveloppe est principalement destinée au soutien du prix du dessalement de l’eau de mer et au fonctionnement de l’administration générale du secteur.
En matière de sécurité hydrique, il a annoncé un programme de réalisation de six nouvelles stations de dessalement à l’horizon 2030, pour une capacité totale de 1,8 million de mètres cubes par jour. Leur mise en service doit permettre de porter à environ 60% la couverture de la demande nationale en eau potable par le dessalement, contre près de 42% actuellement.
Au niveau international, Mohamed Arkab a enfin souligné l’importance de la participation de l’Algérie aux réunions et manifestations multilatérales, notamment dans le cadre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), de l’alliance OPEP+, du Forum des pays exportateurs de gaz et du Forum international de l’énergie. Cette participation vise à soutenir le dialogue et la coordination entre les pays producteurs, ainsi qu’à contribuer à la stabilité des marchés énergétiques. Lors des débats, les députés ont interrogé le ministre sur les indicateurs d’évaluation de l’exécution des programmes, l’amélioration de la performance administrative, la numérisation et la protection des deniers publics. Ils ont également abordé la récupération des gaz torchés et la réduction des émissions, ainsi que l’intégration de l’intelligence artificielle dans la gestion du secteur énergétique.
Les échanges ont aussi porté sur le projet de mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour et de Tala Hamza, à Béjaïa, notamment sur les délais prévus pour son entrée en production, ainsi que sur la relance des gisements pétroliers en déclin. Les députés se sont par ailleurs interrogés sur l’avenir des stations de dessalement après 2030 et sur l’existence d’indicateurs unifiés pour évaluer leur rendement. Enfin, ils ont évoqué le recours aux panneaux solaires pour produire de l’électricité et alléger la pression sur le réseau durant les heures de pointe.