RELATIONS
INTERNATIONALES- CHRONIQUES- « L’INVRAISEMBLABLE HISTOIRE DU VOL FZ1073 »/HALLI AHMED
© Halli Ahmed/Le Soir d’Algérie, lundi 5 octobre 2026
Où il
est prouvé que les "Accords d'Abraham" profitent uniquement et
exclusivement à Israël sans amener une once de progrès dans le processus de
règlement du conflit né de la création de l'État d'Israël en Palestine. C'est
d'abord une idée américaine, pour ne pas dire israélienne, et tout citoyen de
l'univers, réfléchissant par lui-même, sait désormais que les États-Unis
agissent toujours, et en priorité, dans le sens des intérêts d'Israël. C'est
d'autant plus une idée américaine que toutes les administrations y travaillent
avec constance, et rigueur, qu'elles soient démocrates ou républicaines, mais
dès qu'il s'agit d'Israël, les différences sont vite effacées. Avant son
premier mandat, Donald Trump tirait à boulets rouges sur la politique étrangère
de Jo Biden, mais dès qu'il a été élu, l'un de ses premiers soucis a été de
relancer le processus des "Accords d'Abraham". Depuis, Trump n'a
cessé de montrer que ce qui l'intéressait le plus au Moyen-Orient, c'était
d'abord la sécurité et la survie d'Israël et, accessoirement, l'argent arabe,
celui des monarchies pétrolières, précisément. Il l'a d'ailleurs amplement
prouvé, dès son retour aux affaires, en se laissant entraîner par Israël dans une
guerre contre l'Iran, puis en la poursuivant seule et en laissant ses alliés
arabes subir les ripostes de l'Iran. Le Président américain a d'ailleurs
confirmé toutes ces dispositions en envisageant un génocide en Iran, qui serait
susceptible d'effacer celui de Ghaza qui a fait
75.000 morts et qu'Israël prolonge, sans aucun répit.
On a vu
de quelle manière, la majorité des délégations présentes à l'ONU a quitté la
salle au moment du discours de Netanyahou et avec quelles arrogance et mépris
il a traité la communauté internationale et ses règlements. Néanmoins, en dépit
de la bienveillance de l'Union européenne, et de la Présidente de sa
Commission, à son égard, le chef du gouvernement israélien n'a pas échappé aux
critiques de certains pays européens. Comme le veut la tradition, chaque fois
qu'Israël est en difficulté, diplomatiquement parlant, il y a toujours un
évènement un "Deux ex-machina" providentiel : attentat contre une
synagogue, ou une cible juive. Cette fois-ci, il n'y a pas un arabe, mais deux
pays arabes qui sont impliqués dans l'incident du vol FZ1073 de la compagnie
émiratie "FlyDubai" qui a fait un
atterrissage forcé à Tabouk, un aéroport d'Arabie
saoudite. Ce vol transportait 182 personnes, dont 128 passagers israéliens sur
le trajet Dubaï-Tel-Aviv, et si vous me demandez pourquoi des Israéliens à
Dubaï, je vous répondrai par ces trois mots : "Les Accords
d'Abraham". Tout comme notre voisin marocain, qui n'est plus au stade de
la normalisation, mais à celui d'allié stratégique d'Israël, les Émirats arabes
unis ont adhéré aux accords de sinistre renom, d'où les vols de "FlyDubaï". Passons sur le récit invraisemblable des
Israéliens, suivant lequel, un copilote aurait poignardé son commandant de bord
et aurait essayé de précipiter l'avion au sol avant d'être maîtrisé par
quelques passagers.
Malgré
l'invraisemblance de certains détails fournis par Netanyahou en personne, le
récit est passé, du moins auprès de l'opinion israélienne qui est en pleine
campagne électorale et qui est majoritairement en phase avec lui. On apprend
ainsi que ce vol avait non seulement un équipage de rechange, mais aussi des
passagers assez expérimentés pour entrer dans une cabine de pilotage
(verrouillée) et mettre hors d'état de nuire un forcené. Selon certaines
informations, ce co-pilote de nationalité omanaise aurait été licencié de la
compagnie de son pays pour ses tendances islamistes. Ce qui n'explique pas
pourquoi le "Mossad" qui accompagne les voyageurs israéliens partout,
et qui sait tout, a laissé ce suspect piloter, à moins que ce service ait été
l'instigateur principal de cet incident. Toujours est-il que la thèse de
l'attentat terroriste, brandie un peu vite par Netanyahou qui a voulu aussi
impliquer l'Iran, peut se retourner contre lui et accréditer l'éventualité d'un
coup typiquement israélien. Premier pays arabe impliqué, puisqu'il s'agit de sa
compagnie aérienne, les Émirats arabes unis ont, eux aussi, validé la thèse de
l'attentat terroriste, sans faire allusion à l'Iran, mais sans autres
explications. Les Émirats ne disent pas, par exemple, comment un copilote
interdit de voler par les autorités de son pays, Oman, a pu si facilement se
retrouver aux commandes d'un avion de la compagnie "FlyDubaï"
émiratie. Il y a décidément trop de zones d'ombre autour de cet incident, à
commencer par celle qui entoure l'attitude des services israéliens. Une autre
réussite à attribuer aux "Accords d'Abraham" ? Les deux versions de
l'acte terroriste manqué, l'Israélienne et l'Émiratie concordent jusque dans le
moindre détail à ceci près : la version de Dubaï ne fait pas de place à l'Iran,
ce qui ouvrirait la voie à toutes les spéculations, y compris celle d'une
éventuelle collusion. Les "Accords d'Abraham" autorisant chacun de
leurs signataires à s'engager dans ce type d'association, à condition que ce
soit Israël qui en tire profit. Quant à l'Arabie saoudite, deuxième pays arabe
impliqué, la monarchie a réussi à s'extirper du guêpier en refusant déjà qu'un
avion israélien atterrisse sur son sol. Mais les Américains savent que seule
l'adhésion de l'Arabie saoudite pourra réellement ancrer les "Accords
d'Abraham" dans les mœurs politiques de la région et ils feront tout pour
l'y amener après l'échec du dernier test avec le vol FZ1073.