SPORTS- CHRONIQUES- CHRONIQUE AHCENE DJABALLAH BELKACEM- LES « COLÉRIQUES »
DU FOOT’ PRO’ (samedi 3 octobre 2026, Le Quotidien d’Oran)
D’abord , on a un
joueur (d’une équipe pro’ du Centre du pays) qui écope
de six matches de suspension ferme pour avoir insulté l’arbitre lors du match
pourtant remporté à domicile , comptant pour la 2e journée du
championnat.
Un peu plus à l’est du pays, un autre joueur (capitaine de son équipe pro’ , svp !) écope de huit matches de suspension , car il
a avait tenté de s’en prendre à l’arbitre, avant de l’insulter et de refuser de
se conformer à une décision d’expulsion du terrain
Enfin, on a
un autre élément, un
“super-pro’” celui-ci , jouant
à l’étranger, qui s’est
vu exclu du groupe formant l’équipe nationale de football ce
samedi 26 septembre , vingt-quatre heures à peine après la victoire contre la
Zambie à Tizi-Ouzou. En cause : son attitude sur le banc de touche (sous
les yeux du public - dont des femmes et des enfants- présent, devant les
caméras de la télévision), jugée inacceptable par l’encadrement.
Des comportements publics objectivement
déplorables et donc condamnés tant par les hiérarchies que par le public.
Mais, comportements surtout
incompréhensibles car venant de joueurs évoluant dans le cadre du
professionnalisme. Un niveau régi par une réglementation, une déontologie et
une éthique connues et acceptées dès la signature des contrats. À prendre ou à
laisser ! Il en est de même pour le staff technique qui est totalement
responsable de l’organisation et du fonctionnement de l’équipe sur le
terrain......et même en dehors (la vie intime familiale exclue) . À prendre ou à laisser ! Les seules contestations
et/ou critiques généralement admises sont celles des Assemblées générales ou
des Directions générales et -si on est démocrate populiste- des supporters et
de la presse. À prendre ou à laisser.
Jusqu’ici, on a surtout vu des
« rébellions » internes au niveau de clubs amateurs lesquels,
en cas de sanctions des joueurs (dont la suspension durant plusieurs
rencontres) ne perdent pas grand chose
.....sinon du temps de jeu. Au niveau professionnel, il en est tout
autrement : les pertes sont bien souvent énormes. A l’image
toute une usine qui voit sa production de pointe
ralentie en raison d’un matériel essentiel subitement hors d’état
de fonctionner.
Il y a eu des dépenses. On attend une rentabilité permettant soit des
bénéfices soit un équilibre du budget. Et, cela ne peut venir que d’un
fonctionnement productif de plus value.....sur le terrain......dans les gradins des tribunes avec
du public nombreux et payant.....en publicité commerciale......et en image
positive des sponsors ou des propriétaires, que ces derniers relèvent du
secteur privé ou du secteur public.
Tout ceci dit sur la base de tout ce qui est dépensé, la plupart du temps
de l’argent public provenant soit d’entreprises soit directement de l’Etat. Des
sommes assez importantes pour ne pas dire colossales .
A titre d’exemple, six clubs de Ligue 1 Mobilis consacre(raie)nt cette saison
plusieurs centaines de milliards de centimes, soit presque une dizaine milliards
de dinars, aux seuls salaires de leurs effectifs. Et encore, ces montants ne
couvrent que les salaires. Ils n’intègrent ni les primes, ni les déplacements,
ni les frais de recrutement, ni les autres charges de fonctionnement. Le
tableau ne concerne en outre que six des seize clubs de l’élite : étendu à
l’ensemble de la Ligue 1, le total dépasse(rait) les 1 000 milliards de
centimes par an. Et, les seize clubs de Ligue 1 auraient versé près de 70
millions de dollars de salaires à leurs joueurs en 2024-2025, contre 42
millions la saison précédente, soit une hausse de 64 % en un an. Des chiffres,
bien sûr contestés, donc à vérifier. En attendant une transparence régulière et
publique des comptabilités.
Par contre, ce qui est sûr, c’est que de telles fortunes dépensées surtout
en salaires de nos « pros » ne garantissent pas toujours, hélas, des résultats. Ainsi, on a eu bien des performances décevantes de
plusieurs joueurs très bien payés . Ceci dit , l’erreur de gestion des compétences, bien
qu’incompréhensible (en dehors des cas de corruption) , est à la limite
acceptable. Et bien de nos « coachs » et/ou dirigeants l’ont payé
assez cher . Ce qui l’est moins, c’est
évidemment la conduite sur le terrain comme en
ville....et le tort causé à l’image socio-sportive du pays, en Algérie
même et à l’extérieur. Elle doit être exemplaire. Surtout
qu’il y a de plus en plus de jeunes , d’enfants et de
femmes , parfois en famille, dans les tribunes. À prendre ou à laisser !