SANTE- MALADIE- FIBROSE
PULMONAIRE IDIOPATHIQUE (FPI)
Un essoufflement qui
s’installe progressivement, une toux sèche persistante ou une fatigue
inhabituelle ne doivent pas être systématiquement mis sur le compte de l’âge ou
du manque d’activité physique. Ces signes peuvent être les premières
manifestations d’une fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), maladie
respiratoire rare, chronique et évolutive, dont le diagnostic demeure souvent
tardif. C’est le message mis en avant par la secrétaire générale de la Société
algérienne de pneumologie, lors d’un atelier organisé, mardi 15 septembre 2026,
à Alger, par Boehringer Ingelheim Algérie, au profit
des journalistes. La rencontre a permis d’échanger autour de cette maladie
pulmonaire rare et grave, de ses symptômes, des difficultés liées à son
diagnostic et des moyens actuels de prise en charge. La fibrose pulmonaire
idiopathique touche principalement les hommes de plus de 60 ans, même si elle
peut apparaître plus tôt, notamment dans certaines formes familiales. Elle se
manifeste généralement par un essoufflement à l’effort, une toux sèche et une
fatigue inhabituelle. Le problème est que ces symptômes sont souvent banalisés.
«Le patient peut penser que c’est l’âge, une prise de
poids ou un manque d’activité physique», a expliqué la Pr Rachida Khellafi, qui a insisté sur l’importance de reconnaître les
premiers signes de la maladie, ajoutant que la toux peut être attribuée au tabac.
La FPI est une maladie chronique et progressive qui rigidifie progressivement
le poumon et perturbe les échanges d’oxygène. Son diagnostic reste complexe,
ses symptômes pouvant être confondus avec ceux d’autres affections
respiratoires ou cardiaques. Le scanner thoracique et les explorations
fonctionnelles respiratoires sont essentiels au bilan, avec, dans les cas
complexes, l’avis concerté de plusieurs spécialistes. «Le
diagnostic de la fibrose pulmonaire idiopathique peut être difficile et parfois
retardé. C’est pour cela qu’il faut y penser et sensibiliser la population au
moindre signe», souligne encore la spécialiste, chef
du service pneumo-phtisiologie B au CHU Béni Messous
(Alger). Pour cette dernière, le réflexe doit être simple face à un essoufflement
qui persiste ou s’aggrave. «Si, finalement, il n’y a
rien, tant mieux. Mais s’il existe une maladie débutante, la diagnostiquer tôt
permet de mieux la prendre en charge», a-t-elle noté.
S’agissant de la prise en charge de la maladie, le Pr Khellafi
dit qu’une fois la FPI diagnostiquée, des traitements antifibrosants
sont disponibles et utilisés en Algérie, pour ralentir son évolution. Un suivi
régulier permet de surveiller la fonction respiratoire et les symptômes. La
réadaptation respiratoire et la vaccination contre la grippe et le pneumocoque
complètent cette prise en charge. Dans les formes avancées, une oxygénothérapie
peut être proposée et, dans les cas les plus sévères, une transplantation
pulmonaire envisagée. Pour le médecin, il est aussi essentiel de prendre en
compte la qualité de vie du patient. «Il faut dire la
vérité au patient», estime-t-elle, tout en l’accompagnant face à une maladie
évolutive. La prise en charge vise à réduire les symptômes, à préserver
l’autonomie et à retarder autant que possible l’installation du handicap. «Ce n’est pas parce qu’il est essoufflé qu’il doit devenir
sédentaire», rappelle-t-elle.