CULTURE- THÉÂTRE- OMAR GUENDOUZ (COMÉDIEN)
Le rideau est tombé une dernière fois le 1er septembre
2021, à Blida, sur l'une des figures les plus attachantes du théâtre et de
l'écran algériens. Omar Guendouz s'est éteint à l'âge de 70 ans, laissant
derrière lui plus d'un demisiècle de métier, de rôles
marqués et de générations de spectateurs conquis par sa présence. Tout commence
au Conservatoire central d'Alger de Musique, d'Art dramatique et de Danse
classique, où le jeune Omar Guendouz apprend les rudiments du théâtre et de la
musique. Cette double formation, rare et exigeante, façonnera un comédien
complet, capable de passer avec la même aisance du drame à la comédie, de la
scène au petit écran. C'est au théâtre qu'il taille ses lettres de noblesse. Il
s'impose dans deux pièces emblématiques de Slimane Benaïssa, «Babor Ghraq»
(Un bateau a coulé) et «Boualem zid el goudam» (Boualem va de l'avant), des œuvres qui ont marqué
durablement le répertoire théâtral algérien contemporain. Sa collaboration avec
Djamel Guermi, notamment dans «Ya
chari dala» (À qui le tour ?), confirme sa stature
d'interprète capable de porter des textes exigeants et de dialoguer avec les
plus grands metteurs en scène de son époque. La télévision algérienne lui doit
également quelques-uns de ses rôles les plus populaires. Aux côtés de Nawel Zaâtar dans «Zawjan
fi hayra», puis de Farida Saboundji
dans «Diaf bla 'Arda», Omar
Guendouz s'invite dans le quotidien des foyers algériens, incarnant des
personnages dans lesquels le public se reconnaît. Au cinéma, sa participation
au film «El Khourdadji», aux
côtés de Nadia Talbi, illustre la polyvalence d'un
artiste tout aussi à l'aise devant la caméra que sur les planches. Ce qui
frappe dans son parcours, c'est la constance : plus de cinq décennies passées
au service du théâtre, du cinéma et de la télévision, aux côtés des plus grands
noms de la scène artistique algérienne. Ce compagnonnage de longue haleine avec
les plus grands acteurs et réalisateurs du pays témoigne d'une carrière bâtie
sur la rigueur, la fidélité au métier et un talent reconnu par ses pairs. Loin
des projecteurs des grandes célébrités, Omar Guendouz appartenait à cette
catégorie d'artistes de l'ombre, de ceux qui font vivre le théâtre et
l'audiovisuel algériens sans toujours en recueillir la reconnaissance
médiatique qu'ils méritent. Sa disparition rappelle combien ces comédiens de
métier, formés dans la tradition du Conservatoire, ont contribué à façonner
l'identité artistique du pays. Avec lui s'éteint une part de la mémoire vivante
du théâtre algérien.