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Larbi Ben Sari (Musique)

Date de création: 04-09-2026 15:01
Dernière mise à jour: 04-09-2026 15:01
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CULTURE- PERSONNALITES- LARBI BEN SARI (MUSIQUE)

Maître du gharnati et du hawzi, pédagogue et chef d’orchestre, Cheikh Larbi Ben Sari (présumé 1867-1964) demeure l’une des grandes figures de l’école musicale de Tlemcen. De la transmission orale aux premiers enregistrements, son parcours épouse une période décisive de l’histoire de la musique algérienne. Le nom de Cheikh Larbi Ben Sari dépasse le cadre d’un maître de musique pour s’inscrire durablement dans le patrimoine. Il a consacré l’essentiel de sa longue existence à l’interprétation à l’enseignement et à la transmission d’un répertoire musical dont il demeure l’un des principaux dépositaires. Né dans une famille modeste de la région de Tlemcen, Larbi Ben Sari découvre très tôt la musique. Son initiation intervient alors qu’il est encore adolescent, auprès de Mohammed Benchaabane, dit Boudelfa, maître de musique andalouse et chef d’orchestre. Destiné initialement au métier de coiffeur, le jeune Larbi se révèle davantage attiré par les instruments et le répertoire musical que par le métier auquel il était destiné. Auprès de Boudelfa, il s’applique à l’apprentissage de la musique et développe rapidement une remarquable maîtrise instrumentale. Il s’initie notamment au r’beb et à l’alto, tout en enrichissant progressivement ses connaissances auprès d’autres maîtres. Sa mémoire exceptionnelle, son exigence et son sens aigu de l’interprétation lui permettent de s’imposer parmi les musiciens les plus importants de Tlemcen. Lorsque son maître lui confie la direction de son orchestre, Ben Sari franchit une nouvelle étape. Il devient à son tour une référence pour toute une génération de musiciens et contribue à structurer ce qui allait devenir l’une des expressions les plus affirmées de l’école musicale tlemcénienne. Son répertoire témoigne de l’ampleur de ses connaissances. Du gharnati au hawzi, en passant par l’aroubi et le madh, il embrasse différentes formes de la tradition musicale algérienne, tout en accordant une place centrale au répertoire classique. Sa connaissance approfondie des noubas et sa fidélité aux règles d’interprétation feront de lui un modèle pour les générations qui lui succéderont. La notoriété de Larbi Ben Sari dépasse rapidement les frontières de Tlemcen. En 1900, il représente l’Algérie à l’Exposition universelle de Paris, participant ainsi à la présentation de la culture musicale algérienne sur une scène internationale. Quelques années plus tard, en 1926, il est invité à se produire à l’occasion de l’inauguration de la Grande Mosquée de Paris, à l’invitation de Si Kaddour Benghabrit. Mais c’est en 1932 que son parcours prend une dimension particulièrement significative. Larbi Ben Sari représente l’Algérie au premier Congrès de musique arabe du Caire. Il y porte la voix de l’école de Tlemcen et contribue à faire connaître son répertoire et ses particularités dans un espace réunissant des spécialistes et des musiciens du monde arabe. L’entrée de sa musique dans l’univers de l’enregistrement constitue également une étape majeure. Ses premiers disques permettent de fixer une partie de son interprétation et de son répertoire, donnant ainsi à la tradition orale un support durable. Ces traces sonores, auxquelles s’ajouteront plus tard des enregistrements radiophoniques, constituent aujourd’hui une source précieuse pour les formations musicales qui perpétuent l’héritage de l’école tlemcénienne. Son influence se mesure également à travers les nombreux musiciens qui ont bénéficié de son enseignement ou fréquenté son orchestre. Parmi eux figurent notamment Sadek Bédjaoui et Abdelkrim Dali, deux grandes figures de la musique algérienne, ainsi que d’autres artistes qui contribueront à leur tour à la transmission de ce patrimoine. Au-delà de l’interprète, c’est donc le pédagogue et le passeur de mémoire qui caractérise le mieux Larbi Ben Sari. Sa conception de la musique, fondée sur la connaissance du répertoire, la rigueur rythmique et la fidélité aux traditions héritées des anciens, a profondément marqué l’école de Tlemcen. Sa présence dans la mémoire artistique du pays dépasse aujourd’hui les seules archives musicales. Le grand artiste plasticien Bachir Yellès a notamment immortalisé son univers dans une miniature représentant un mariage à Tlemcen, où apparaît Larbi Ben Sari aux côtés de Larbi Boudelfa. Une œuvre qui vient, à sa manière, prolonger la mémoire d’un homme dont la vie demeure intimement liée à celle de la musique tlemcénienne.