COMMERCE- INFRACTIONS- OPÉRATEURS ET
DOCUMENTS FALSIFIÉS 2026
©www.algerie360.com/Amina Aouadi,
3 septembre 2026
Le croisement numérique des dossiers de
1 013 opérateurs économiques a révélé l’utilisation de documents et de
données strictement identiques dans le cadre des programmes
prévisionnels d’importation de matières premières et d’équipements.
Face à ces constatations,
le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des
exportations a décidé de convoquer les professionnels concernés afin
qu’ils présentent leurs pièces originales avant d’engager d’éventuelles
poursuites judiciaires.
Mercredi 2 septembre 2026, le ministère
a précisé que le système d’analyse et de recoupement automatisé des données —
intégré à la plateforme numérique et dopé à l’intelligence
artificielle — a détecté des anomalies qualifiées de « suspectes et hors
normes ». Ces incohérences touchent des pièces officielles censées être
strictement individuelles et propres à chaque entreprise.Toutefois, la détection de ces doublons ne
vaut pas condamnation définitive. Il s’agit d’indicateurs numériques qui
déclenchent une phase d’investigation approfondie. Les opérateurs incriminés
devront fournir leurs justificatifs originaux pour attester de la
véracité de leurs dossiers et justifier la présence de documents ou de numéros
d’identification communs à plusieurs entités.
L’analyse
détaillée des données révèle que 278 opérateurs ont soumis une déclaration
de salariés à la CNAS rigoureusement identique, soit 27,4 % des dossiers
signalés. Par ailleurs, 277 opérateurs ont utilisé la même attestation
d’affiliation à la CASNOS (27,3 %), tandis que 240 dossiers présentaient
un extrait de rôle fiscal rigoureusement similaire (23,7 %).Au total, 795 cas — soit 78,5 % de l’ensemble des
anomalies — se concentrent sur ces justifications sociales et fiscales. Or, ces
pièces constituent le socle permettant d’évaluer l’activité réelle d’une
entreprise, ses effectifs ainsi que sa régularité vis-à-vis du fisc et des
organismes de sécurité sociale.Les
investigations ont également mis au jour 60 dossiers partageant un bilan
comptable identique et 56 dossiers enregistrés sous le même Numéro
d’Identification Fiscale (NIF), un identifiant juridique censé être strictement
unique.
L’enquête fait aussi ressortir 38
opérateurs ayant déposé une liste identique de marchandises éligibles
aux avantages accordés par l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement
(AAPI), ainsi que 25 opérateurs présentant la même attestation d’enregistrement
auprès de cette même agence.Enfin,
25 dossiers partageaient le même relevé d’identité bancaire (RIB) et
14 cas impliquaient des documents identiques relatifs au programme
complémentaire de l’entreprise. L’ensemble de ces neuf catégories d’anomalies
recoupe précisément le total des 1 013 opérateurs signalés.
Les services compétents ont initié la
convocation des opérateurs ciblés afin de confronter les données numérisées aux
pièces originales. Si certaines correspondances peuvent résulter d’erreurs
d’attribution lors du téléchargement ou de liens juridiques entre filiales
d’un même groupe, ces hypothèses ne sauraient justifier l’ensemble des doublons
constatés.L’audit devra
trancher entre de simples coquilles administratives et l’usage frauduleux de
documents tiers.Le ministère rappelle que le partage
de données officielles confidentielles entre plusieurs entités constitue une
anomalie majeure. Des procédures légales seront engagées au cas par cas, à
l’encontre des fraudeurs avérés, conformément à la réglementation en vigueur.
Ces vérifications ciblent en priorité
les programmes prévisionnels d’importation, des outils essentiels pour
calibrer les besoins réels des entreprises et aligner leurs approvisionnements
sur leurs capacités de production.L’introduction de
fausses données vise souvent à surévaluer les besoins ou à faire
bénéficier d’indulgences réglementaires des acteurs dont l’activité réelle ne
justifie pas de tels volumes.En croisant les flux du
commerce extérieur avec les données fiscales, sociales, bancaires et
d’investissement, l’administration est désormais en mesure d’évaluer
instantanément la cohérence d’une demande d’importation au regard des
effectifs, du chiffre d’affaires et de l’envergure industrielle de
l’entreprise.
Cette opération marque un tournant
méthodologique : le contrôle ne s’effectue plus document par document, mais par
un croisement global des flux d’information.Pour
autant, l’administration souligne que les sanctions juridiques resteront
tributaires des enquêtes humaines et de l’examen des pièces originales,
l’intelligence artificielle ne servant que d’outil d’alerte et d’orientation.Les conclusions de ces investigations
détermineront la part des erreurs techniques et des fraudes avérées, ainsi que
les sanctions administratives et judiciaires applicables.