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Roman (Récit) Lylia Nezar -"Saint Augustin, fils de Numidie...."

Date de création: 01-06-2026 21:30
Dernière mise à jour: 01-06-2026 21:30
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HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN LYLIA NEZAR- « SAINT AUGUSTIN, FILS DE NUMIDIE..... »

Saint Augustin, fils de Numidie.Une histoire d’Amour et de Grâce. Roman (et récit)de Lylia Nezar. Editions Hibr, Alger 2026, 208 pages, 1000 dinars

 

Décidément, Saint Augustin a le vent en poupe.Voilà donc un autre ouvrage à lui consacré.Mais, cette fois-ci en une forme littéraire assez originale.Certainement -et, c’est réussi – pour capter l’attention (le sujet  paraissant, au premier abord, assez  difficile à traiter , pour ne pas dire peu ou pas attractif) d’un lectorat (algérien)  peu habitué au traitement public et romancé de thèmes liés à la religion.

On a donc deux styles d’écriture : la vie d’Augustin, romancée, et la vie......de l’auteure ( ?).Comme si la vie perturbée d’Augustin, encore jeune homme à la recherche de la Vérité avait quelque part, des ressemblances avec celle de la narratrice, à la recherche de son équilibre identitaire et personnel

 

Donc , pour parler de saint Augustin, l’auteure le raconte à travers le prisme de celle  qui a partagé quinze années de sa vie avec ce dernier. Cette femme existe-t-elle réellement ou bien est-elle le produit de l’imagination de Lylia Nezar ? Quand on revisite l’abondante bibliographie dédiée à saint Augustin, on ne lui trouve nulle trace. Il n’y a que saint Augustin lui-même qui l’a effleuré de façon laconique, dans son œuvre. Lylia Nezar précise : « Nulle mention de sa vie, nulle référence de cette relation dans les biographies. Augustin lui-même ne lui accorde que quelques lignes, dans une œuvre pourtant, colossale ». Et de rappeler ce passage du livre de saint Augustin Les Confessions : « J’avais souffert que l’on éloignât de moi cette femme que j’entretenais (note : concubine devenue mère d’un enfant) parce qu’elle était un obstacle à mon mariage. Mais je n’avais pu l’arracher à mon cœur où elle était si fortement attachée, sans le déchirer ; et cette plaie saignait encore ». À partir de là, Lylia Nezar « fabrique » son personnage principal en lui créant une identité, un nom et un itinéraire : c’est une histoire d’amours croisées entre le passé et le présent.

Parallèlement, le lecteur découvre  Inès, une archéologue lyonnaise spécialiste de la Numidie. Cette dernière obtient avec ses collègues l’autorisation de partir travailler avec une équipe algérienne sur une trouvaille rare sur le site d’Hippone, ancien fief de saint Augustin. Arrivés sur les lieux, ils découvrent une jarre scellée qui contient des « épîtres », des lettres datées de l’Antiquité tardive. L’équipe va s’atteler à les déchiffrer et par la même occasion faire une découverte exceptionnelle. On a donc deux récits s’entrecroisant, celui d’Inès et celui lointain de la compagne  d’Augustin, appelée Elidon . Deux histoires d’amour

 

Dans sa préface, Fred Wekesa, recteur de la basilique Saint-Augustin, rappelle une célèbre citation de saint Augustin : « Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page. » Et d’entamer sa préface : « Cette pensée de saint Augustin, placée en exergue de ce récit, résonne comme une invitation à franchir les frontières du temps et de l’espace. Dans cet ouvrage, Lylia Nezar ne nous livre pas seulement une étude historique ou une biographie de plus sur le « Docteur de la Grâce », elle nous offre un pont vibrant entre deux mondes que seize siècles séparent ».

 

 

L’Auteure : Née à Annaba. Diplômée en sciences politiques de l’université Lyon III. Écrivaine et poétesse, passionnée de littérature, de sciences et de philosophie. Son premier livre parait en 2021. Il s’agit d’un recueil de poésie intitulé « Eva-Naissance » . Elle participe à un recueil collectif aux éditions «Chèvrefeuille étoilé», sous la direction de Monique Sérot- Chaïbi de l’ouvrage : Paroles pour une paix en terre de Palestine. Elle publie son premier roman aux éditions Hibr, en 2024. Il s’agit de « Matriochkas, les héritières « . Elle reçoit le Prix de la poésie francophone Léopold Sédar Senghor, à Milan (Italie) en 2025. Elle s’adonne, durant la même année à l’écriture théâtrale avec le metteur en scène palestinien Rohi Ayadi : « De Lyon à Jérusalem Est » , pièce présentée au public en novembre 2025. Elle est membre fondateur du festival de la fraternité (Lyon). Elle participe à l’anthologie des poétesses francophones contemporaines, sous la direction de Suzanne Dracius, édition Idem (France).« Saint Augustin, fils de Numidie. Une histoire d’amour et de grâce » est son deuxième roman.

 

Table des matières :Préface/ 41 chapitres/ Les Épîtres de la jarre d’Hippone (15)/ Annexe

Extraits : « (Hippo Regius)C’est un site exceptionnel et ce n’est pas la seule ville algérienne à être fascinante.Il y a ses voisines Calama, Thagaste, sans oublier l’ antique Madaure qui a engendré tant de génies ! » (p 13), « Madaure est une ville illustre qui a vu briller beaucoup de penseurs d’Afrique » (p 40), « Augustin a été analysé sous toutes les coutures, ses Confessions ont révolutionné  le monde et jusqu’à la psychanalyse » (p 49), « Il devrait y avoir un délit pour avoir saccagé le cœur de quelqu’un, la loi devrait punir celui qui quitte, qui abandonne, qui laisse l’autre en ruine. Le vandalisme est bien considéré comme un délit, destruction de biens d’autrui, alors qu’en est-il de la destruction d’une personne dans l'indifférence et l’impunité totales.Oui, la loi devrait punir toute personne qui démolit une autre, brise se rêves et anéantit sa vie » (p 84), « On ne peut pas être né à Annaba et ne pas être contaminé par Augustin, même notre plus grand lycée porte son nom » (p 94), « Cette mère est une lionne qui ne cède en rien, Monna sait avec certitude que son fils la rejoindra plus tôt ou tard. Là où se trouve la mère sera le fils » (p 99), « Les mères algériennes, aimantes et possessives......Elles sont toutes des Monique.....en puissance » (p 170)

 

Avis : Roman ? Récit ? Vie personnelle.Vie d’Augustin. Des histoires d’amours croisés entre passé et présent. Une formule originale qui facilite la lecture....et ,surtout, qui aide à comprendre le cheminement vers la Grâce. « Lylia Nezar signe ici une œuvre de réhabilitation  d’un pays , d’une région mais aussi de la parole féminine, trop longtemps étouffée par les grands récits théologiques  » (Père Fred Weseka)

Citations : « On ne change pas un pays de tout au tout, en lui changeant sa langue, son nom ou en le romanisant. Numides nous naissons, Numides nous vivons, Numides nous mourrons.C’en est ainsi que le monde est monde.Nous nous adaptons, mais contrairement à l’eau et au miel, nous ne nous mélangeons pas » (Monica citée, p 64), « La rhétorique , cette science de la parole et de l’argumentation qui travestit les réalités et qui offre la reconnaissance en fonction du talent du rhéteur, un jeu malin et captivant qui fascine les foules » (Augustin cité, p 75), « L’Olivier dit de Saint Augustin, lui, serait en fait largement antérieur à l’homme.Il daterait de 2 900 ans (p 88), « Le bonheur n’est jamais à « cause » de l’autre, il peut le partager, mais rarement le créer, c’est une graine qui existe au fond de chacun de nous et nous nous  devons d’en prendre soin » (p 95), « Il y a trois temps, le présent du passé, le présent du présent et le présent de l’ avenir. Car ce triple mode de présence existe dans l’esprit ; je ne le vois pas ailleurs.Le présent du passé , c’est la mémoire ; le présent du présent, c’est l’attention actuelle ; le présent de l’avenir, ; c’est mon attente » (Saint Augustin cité, p 167), « La sainteté n’est pas l’absence d’humanité, mais son accomplissement moral et intellectuel » (p 178), « Aime et fais ce que tu veux ; si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle avec amour ; si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes , pardonne par amour ; aies au fond du cœur les racines de l’amour ; de cette racine, il ne peut rien sortir que du bon » (Saint Augustin cité, p 186)