ECONOMIE- ETUDES ET ANALYSES-
ALGERIE 2025/BILAN CARE ET PERSPECTVES
©Synthèse presse, 26
mai 2026
Portée
par une croissance soutenue hors hydrocarbures, une inflation en net recul et
une transformation numérique accélérée, l’Algérie aborde 2026 avec des
fondamentaux économiques solides et l’ambition affirmée de diversifier
durablement son modèle de développement.
L’ économie algérienne aborde 2026 avec une vitalité
qui surprend les observateurs les plus prudents. Portée par des secteurs
productifs en plein essor, une inflation maîtrisée et une dette extérieure
quasi inexistante, l’Algérie affiche les signes d’une économie qui se
réinvente. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec un PIB nominal de 285,7
milliards de dollars et une croissance estimée à 3,3 % en 2025 par la Banque mondiale,
l’Algérie confirme sa trajectoire ascendante dans un contexte régional encore
marqué par les incertitudes. Mais ce qui retient davantage l’attention des
économistes, c’est la performance remarquable des secteurs hors hydrocarbures,
en progression de +5,4 %, avec l’industrie à+6,4 % et le commerce à +6,7 %.
L’inflation, quant à elle, a été ramenée à environ 2 % en 2025, après avoir
frôlé les 9,3 % en 2023. Une décélération spectaculaire qui redonne du souffle
au pouvoir d’achat des ménages et restaure la confiance dans la stabilité des
prix. Derrière les grands agrégats macroéconomiques se joue une transformation
plus discrète, mais tout aussi déterminante : la montée en puissance du
numérique. L’Algérie compte désormais 55,6 millions de connexions mobiles, et
une explosion des paiements électroniques qui ont bondi de +46 % en 2025, une
progression qui témoigne d’un changement profond des habitudes et d’une
modernisation accélérée de l’économie. Le déploiement de la 5G ouvre des
perspectives inédites pour l’industrie, la logistique et les services, tandis
que l’écosystème startup algérien gagne en maturité et en attractivité. Le
numérique, encore modestement représenté dans le PIB, est appelé à devenir l’un
des principaux moteurs de la création de valeur locale dans les années à venir.
Ce qui distingue fondamentalement l’Algérie de nombreuses économies émergentes,
c’est la solidité de sa position extérieure. Avec une dette extérieure
inférieure à 1,3 % du PIB, le pays dispose d’une marge de manœuvre rare sur la
scène internationale. Les réserves de change, à 47 milliards de dollars,
continuent d’assurer un rôle d’amortisseur face aux chocs externes et
garantissent la stabilité du cadre macroéconomique à court terme. À cela
s’ajoutent des ressources naturelles d’une richesse exceptionnelle, des
hydrocarbures qui financent encore la transition, mais aussi un potentiel
minier colossal, incarné par le gisement de Gara Djebilet, promis à devenir
l’un des plus grands sites de fer au monde. Trois leviers sont identifiés comme
décisifs. D’abord, la consolidation fiscale, qui pourrait dégager jusqu’à +7,2
% du PIB supplémentaires sur cinq ans grâce à une réforme intelligente des
subventions et un élargissement de l’assiette fiscale. Ensuite, la
diversification productive, avec le développement des exportations hors
hydrocarbures et l’accélération industrielle. Enfin, le numérique et
l’investissement privé, appelés à prendre le relais de la dépense publique
comme moteurs de croissance. À ces trois piliers s’ajoute un quatrième,
incontournable : la transition verte.