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Oqtf/France.Algérie, 2025

Date de création: 01-06-2026 20:59
Dernière mise à jour: 01-06-2026 20:59
Lu: 160 fois


POPULATION- EMIGRATION- OQTF/FRANCE.ALGERIE 2025

©El Watan/M-F. Gaidi, dimanche 31 mai 2026

Quelques jours seulement après la réactivation des canaux de communication et de coopération sécuritaire et judiciaire entre Alger et Paris, le dossier des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) revient sur le-devant de la scène.

Plus qu’une simple question administrative, ce dossier s’impose désormais comme le crash-test de la crédibilité et de l’honnêteté des autorités françaises. Une analyse comparative et objective des données maghrébines met en lumière un traitement malveillant et ciblé de la part de Paris, qui a transformé la gestion des flux migratoires algériens en un outil de chantage et d’asphyxie politique, contrastant radicalement avec la complaisance affichée envers le Maroc.Une lecture attentive des indicateurs de terrain démontre que l’approche française est lourdement politisée. Sur les 140 000 OQTF prononcées en France en 2024, 47 535 visaient des ressortissants maghrébins, soit 34% du total. Cependant, cette proportion globale masque une volonté délibérée de sur-cibler l’Algérie, révélant une fracture profonde dans le traitement réservé par Paris à ses voisins du Maghreb.

Les chiffres révèlent un acharnement disproportionné contre la communauté algérienne. L’Algérie représente, à elle seule, 44% des OQTF prononcées contre les Maghrébins. C’est près du double du Maroc et plus de deux fois plus que la Tunisie. A titre d’exemple, lors d’un pic de tension, pas moins de 58 700 OQTF ont été prononcées contre des Algériens, contre seulement 29 000 pour le Maroc et 26 000 pour la Tunisie.Les Algériens sont ainsi systématiquement propulsés au premier rang des nationalités visées par ces mesures d’éloignement. Toutefois, ce décalage de traitement n’a pas bénéficié d’un tel matraquage médiatique intensif à Paris qu’avec l’arrivée de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur.Selon les observateurs, la question des OQTF est devenue un véritable fonds de commerce et une arme de surenchère pour certains cercles influents de l’administration française et des courants hostiles à Alger, désireux de flatter l’électorat de l’extrême droite.Face à la rhétorique agressive de Paris accusant Alger de passivité, la réalité administrative française s’effondre face à ses propres contradictions.Le taux d’exécution global des OQTF reste, structurellement, bas pour l’ensemble du Maghreb, tournant historiquement autour de 7%. Sur 760 000 OQTF prononcées toutes nationalités confondues entre 2019 et 2024, l’efficacité des expulsions est restée extrêmement limitée partout, prouvant que le problème est avant tout interne à la machine administrative française.En 2024, sur 140 000 OQTF mondiales, seuls 20 000 retours forcés ont été effectués, soit à peine 14,3%. Pourtant, Paris s’obstine à focaliser sa colère sur l’Algérie tout en célébrant la coopération marocaine. En 2024, les expulsions effectives d’Algériens ont pourtant augmenté de 17,1% pour atteindre 3000 personnes. Le cœur du mensonge français réside dans la gestion des laissez-passer consulaires. Selon les chiffres rapportés par El Khabar, sur 179 laissez-passer délivrés par les autorités algériennes pour faciliter les reconduites, les services français compétents n’en ont exploité que 90.Ce fossé de moitié prouve que le blocage ne vient pas d’Alger, mais des défaillances logistiques et de l’incurie administrative française. Paris exige des résultats à grand renfort de déclarations médiatiques, mais s’avère incapable d’exécuter les décisions lorsque l’Algérie lui en donne les moyens légaux. La divergence des trajectoires diplomatiques éclaire parfaitement la malveillance de Paris.

Le dossier des OQTF est directement indexé par la France sur ses intérêts géopolitiques, basculant dans des mesures de rétorsion dès lors qu’un Etat refuse de s’aligner. La crise a atteint son paroxysme lorsque la France a bafoué le droit international en reconnaissant la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Face à cet affront, Alger a légitimement réagi avec fermeté en suspendant les laissez-passer consulaires et en rappelant son ambassadeur.L’Algérie, jalouse de sa souveraineté, a refusé de céder aux politiques de coercition de la France, qui avait unilatéralement restreint la délivrance de visas pour faire pression sur les pays du Maghreb. Alger a maintenu sa résistance diplomatique face au chantage. Le dialogue n’a repris qu’en 2026 sous des conditions strictes de respect mutuel.Les discussions sécuritaires et judiciaires, menées notamment sous l’égide de Laurent Nuñez, ministre français de l’Intérieur, ont permis un déblocage partiel, permettant le renvoi de 150 personnes entre janvier et mai, ramenant le taux d’exécution algérien à la moyenne régionale de 7%.A la logique d’exclusion, de chantage politique et de traitement punitif privilégiée par Paris, l’Algérie oppose une politique méthodique, souveraine et profondément humaine envers ses enfants. L’appel solennel lancé en janvier 2026 par le président Abdelmadjid Tebboune, invitant les expatriés et les Algériens en situation irrégulière ou précaire à revenir volontairement au pays, a provoqué un immense écho.Ce plan de retour volontaire a déjà enregistré le retour de plus de 320 personnes en l’espace de seulement cinq mois. Ces citoyens ont choisi de répondre à l’appel des autorités publiques pour se réintégrer dignement dans le tissu national, encadrés avec sérieux par l’ensemble des représentations consulaires et de l’appareil diplomatique algérien.

Lors du Conseil des ministres instituant cette démarche, le président Tebboune a rappelé une vérité essentielle : une grande partie de ces jeunes en détresse à l’étranger a été délibérément poussée à l’erreur et instrumentalisée par des réseaux criminels transfrontaliers et des officines malveillantes cherchant à ternir l’image de l’Algérie. Le chef de l’Etat a précisé que la majorité de ces situations ne concernait pas des crimes graves, mais des délits mineurs ou une mauvaise compréhension des règles d’ordre public dans les pays d’accueil.Dénonçant l’exploitation politique des chiffres de l’immigration clandestine (la harga) par des cercles étrangers, le président Tebboune a déploré la précarité extrême dans laquelle ces jeunes se retrouvent en France, piégés entre la pauvreté et l’exploitation dans des travaux pénibles ou indignes. Pour y remédier, le Conseil des ministres a acté une régularisation juridique de leur situation dès leur retour, sous condition de non-récidive.

Cette politique de confiance et de réhabilitation, toujours en cours, démontre qu’Alger sait protéger les siens, pendant que Paris continue d’utiliser ses outils administratifs comme des armes de bas étage pour masquer ses propres failles.