POPULATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RÉCIT DJAOUIDA IBNOU ZEKRI- « EN
REMONTANT LA RUE DIDOUCHE »
En remontant la rue Didouche. Récit de Djaouida Ibnou-Zekri.Casbah Editions, Alger 2025, 124 pages, 1 200
dinars
Voilà un ouvrage qui explore les mémoires personnelles et
collectives à travers les trajets d'une vie marquée par l'histoire et la
migration. Un récit
qui mêle identité, appartenance et résilience .Un récit qui
offre une perspective intime sur les dynamiques sociales et culturelles
en Algérie...... et en France. Avec une écriture riche en nuances, plaçant
l’individu au cœur de la narration.
Donc, la mémoire, l’identité
et l’expérience migratoire sont racontées à travers un regard autobiographique.On retrouve notamment le souvenir et la
reconstitution de soi .On
remonte dans le temps, où le
passé (personnel et familial) revient par fragments et donne du sens au présent .Il
y a, aussi, l’identité et
l’appartenance , le récit interrogeant
ce que signifie “être de quelque part”, et comment se fabrique une
identité entre plusieurs appartenances .Il y ensuite la migration et le
passage d’un monde à l’autre , la trajectoire de la narratrice mettant en
scène l’éloignement, la découverte d’un nouvel espace (Alger et Nice), et les effets intimes de ce
déplacement .Enfin, on
a l’histoire
vécue au ras du quotidien , le
roman reliant l’intime au collectif, montrant comment les grandes réalités
sociales et historiques s’inscrivent dans la vie et dans la langue des
personnages .
Extrait d’une analyse de
presse de l’ouvrage : « Poignant et émouvant, ce récit se lit avec
une grande fluidité et beaucoup d'émotions. L’autrice fait activer sa mémoire
sensitive comme la madeleine de Marcel Proust dans l'œuvre Du côté de chez
Swann. Alger et une de ses principales rues, en l’occurrence Didouche-Mourad, d'où elle est native, l'a suggérée, elle
se remémore un pan de sa vie. Sa rue bien-aimée a été le déclencheur de tous
ses petits instantanés de vie qui remontent et qu'elle revisite dans sa
mémoire.
Le passé exhumé et vivifié est décrit avec des mots simples et
complaisants »
L’Auteure :Née à Alger,
titulaire d’une licence de lettres modernes (Faculté d’Alger) , elle poursuit
ses études universitaires à Nice puis à Paris où elle vit depuis 1991.Premier
roman
Père médecin
et grand-père , professeur de droit musulman
Table des matières :42
textes
Extraits : « Le
plus délicieux dans un pique-nique, c’est que l’on peut se servir de tout et
dans l’ordre que l’on veut.Les
adultes s’installent, nous, non, on court dans tous les sens, jusqu’à ce qu’on
nous appelle » (p 22), « Je suis persuadée que la chaleur torride
s’empare des esprits faibles et des corps fragiles et que c’est pour cela que
les fous envahisent la ville » (p76)
Avis :Recueil de nouvelles (« Qui s’étire à en perdre le
souffle »)? Roman ? Fragments
de vie ? De tout un peu et un peu de tout.Aucune
ligne directrice, mais un récit plein d’amour et de nostalgie pour la famille,
pour le pays, pour Alger, pour la rue Didouche
Mourad.....le tout dans une ambiance familiale
Citations : « La
peur du manque est souvent plus perturbante que le manque lui-même » (p 38), « Je
crois qu’une des explications de ma méconnaissance de mon pays vient de la
puissance du mythe.La force du récit de mon père
était telle que notre imaginaire finissait par prendre le pas sur la
réalité » (p 41), « Pour moi la Casbah, c’était Pompéi, un monde
recouvert des cendres de la Révolution » (p 101)