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Hamra Krouha Mahmoud (Complément)

Date de création: 04-05-2026 19:09
Dernière mise à jour: 04-05-2026 19:09
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ENERGIE- PERSONNALITÉS- HAMRA KROUHA MAHMOUD (Complément)

©Chahredine Berriah/EL Watan, 2 mai 2026

 Le 1er juin 1973, Mahmoud Hamra Krouha, alors âgé de 31 ans et occupant le poste de directeur de la planification à Sonatrach, créa l’une des plus grandes compagnies pétrolières du monde, la Abu Dhabi National Oil Company, dotée des quatrièmes réserves pétrolières mondiales.

La genèse des faits : en 1969 Cheïkh Zayed Ben Sultan Al Nahyane, fondateur de la fédération des Emirats arabes unis, tenait secrètement à la création d’une compagnie pétrolière nationale. Un projet programmé dans la confidentialité pour ne pas «titiller» ou se voir mettre des «bâtons dans les roues» des compagnies étrangères qui suçaient le pétrole émirati au détriment des intérêts économiques des jeunes Emirats sans expérience. Sans trop réfléchir, l’émir se tourna vers le président de la République algérienne, Houari Boumediene, pour le solliciter et lui demander de l’aide quant à la concrétisation de ce projet d’envergure.

Et c’est sans aucune hésitation que, le 2 décembre 1971, le chef de l’Etat chargea le jeune Skikdi Mahmoud pour mener, avec d’autres cadres compétents de Sonatrach, cette mission de grande importance : le début de l’essor économique de ce petit état du Golfe.

Quatre ans plus tard, soit le 1er juin 1973, Hamra Krouha mit sur pied la Abu Dhabi National Oïl Compagny. Une entreprise florissante qu’il dirigera de main de maître jusqu’en 1987, avant de démissionner dans des conditions qu’on ne cerne pas vraiment, même si beaucoup révèlent qu’il y avait été poussé. « Contraint de démissionner sans préavis et de manière humiliante», «il était parmi les cadres pro-Boumediene et il a fait les frais de la politique de «déboumediénisation» menée contre ces cadres dès le début des années 1980», croient savoir certaines voix.

Aucun hommage, aucune reconnaissance officielle. «L’éviction de Krouha n’est pas qu’un seul détail biographique. Elle symbolise une réalité plus vaste : celle d’un monde où la reconnaissance diplomatique se conjugue à l’ingratitude historique. Malgré les preuves formelles de son rôle, la compagnie pétrolière émiratie (ADNOC), dans son récit officiel, ne mentionne ni son nom ni l’implication algérienne dans sa fondation», déplorent des experts. Toujours est-il, il rentra, alors, au pays sans faire de bruit. Ce docteur en économie de la Sorbonne, un génie dans son domaine qui, non seulement fonda la première compagnie pétrolière émiratie, suivit toutes les étapes de création et de constitution de l’entreprise, supervisa la formation et l’entraînement de générations de ses cadres émiratis et étrangers, s’était illustré, déjà à 24 ans, par ses propositions dans le domaine des hydrocarbures lors des Accords d’Evian entre la délégation du FLN et les représentants de la France coloniale.

Les preuves de sa contribution essentielle à la naissance de cette compagnie, il en existe : les archives diplomatiques américaines démontrent que même «les sables brûlants du Golfe ne peuvent ensevelir la vérité», affirme, amer, un de ses disciples. Selon un câble diplomatique américain, daté du 11 juillet 1979 et déclassifié par Wkileaks, Cheikh Zayed avait demandé au président algérien, Houari Boumediene, d’envoyer un expert algérien pour aider à établir la compagnie pétrolière nationale des Emirats arabes unis. Le document précise en outre que «l’homme ne venait pas seul, il a fait venir avec lui des cadres de Sonatrach, introduisant des pratiques de gestion inspirées du modèle algérien de nationalisation et de souveraineté sur les ressources…»

Et puis, tout s’effilocha : en 1997, Mahmoud perdit son fils, décédé dans un accident, une mort qui l’affligea profondément au point d’en tomber gravement malade. Il fut à moitié paralysé et succomba à ses souffrances en 1997 en France, à l’âge de 59 ans. Triste fin d’un homme humble, fierté d’une nation dont le nom n’est pas visible sur les manuels scolaires et dans les grands événements. Comme si, quelque part, on veut effacer un pan de l’histoire des génies algériens, comme si l’on veut étouffer cet épisode de la compétence nationale pour des calculs politiciens.

Fondée en 1971, Adnoc a une capacité de production dépassant 4 millions de barils de pétrole par jour. Elle opère sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration à la production, en passant par le raffinage et la logistique. Ses objectifs stratégiques, augmenter la capacité de production de pétrole, devenir un acteur majeur du gaz/GNL et investir dans la décarbonation avec 23 milliards de dollars prévus. Une richesse sur laquelle repose quasi totalement toute l’économie des Emirats arabes unis, (un pays, aujourd’hui, ingrat l’égard de l’Algérie) des ressources portant l’empreinte de celui qui lui avait donné son premier cri et qui s’était retiré sur la pointe des pieds, Mahmoud Hamra Krouha…

Note : Lors d’une visite officielle aux EAU, durant la décennie noire  (dirigés alors par Cheikh Zayed, et gand soutien de l’Algérie face au terrorisme ) du Présidet Liamine Zeroual , on a pu relever combien les Emiratis étaient reconnaisants à Mahmoud Hamra Krouha et aux cadres algériens  (Belkacem Ahcene-Djaballah, Chargé de mission , directeur de l’Inforamation)