CULTURE-
CINÉMA- FESTIVAL INTERNATIONAL ANNABA 2026/PRIX
La
soirée de clôture du Festival du film méditerranéen (Annaba) s’est déroulée
jeudi après-midi 30 avril 2026 dans une atmosphère à la fois festive et
profondément engagée. Après plusieurs jours de projections, de rencontres, de
débats et de masterclass, le festival a récompensé des
œuvres venues du bassin méditerranéen, mettant à l’honneur un cinéma humain,
ancré dans les réalités contemporaines.
Dans
la catégorie des courts métrages, une mention honorable a été
attribuée à «Healing» de la réalisatrice algérienne
Sirine Achir, saluée pour sa sensibilité et sa mise
en scène intimiste. Le prix du meilleur court métrage a été octroyé au film
égyptien «The Last Miracle» d’Abdel Ouahab Chawki, une œuvre qui a marqué le public par sa
force narrative et sa réalisation maîtrisée. Du côté des films documentaires,
deux mentions honorables ont été décernées aux productions algériennes «Terminus 60» de Sidahmed Semiane ainsi qu’au documentaire «Louiza Ighilahriz»,
consacré à la figure emblématique de la guerre de Libération algérienne. Le
prix du meilleur documentaire a, quant à lui, été attribué au film libyen «My Father
and Gaddafi», une œuvre poignante mêlant mémoire
familiale et histoire politique. La catégorie consacrée aux films réalisés
avec l’intelligence artificielle a également retenu l’attention du public.
Le prix du meilleur film a été attribué à «Make a Wish» de Turquie,
tandis qu’une mention honorable pour la production cinématographique est
revenue à la Tunisie avec «The Corner Where I Met
You» de Yasmine Bouabid. Dans la catégorie Plateau
19, destinée à encourager la production algérienne, le projet «Mimouna» d’Amel Blidi a été récompensé, soulignant l’importance de soutenir
les nouvelles voix du cinéma national. Le Cinema
Awards Industry a distingué le film égyptien «Waiting for Heaven» de Mohamed
Siam, salué pour son approche cinématographique et la puissance de son propos. «Dix minutes max», un film réalisé en 72 heures L’un des
moments les plus marquants de cette cérémonie a été la présentation du projet
«Dix minutes max», un court métrage réalisé en seulement trois jours durant le
festival. Ce film de dix minutes raconte l’histoire, qui se déroule à Beyrouth,
d’un jeune homme, incarné par Djam, évacuant son immeuble sous les bombardements
de l’entité sioniste, allant jusqu’à se sacrifier pour sauver les autres
habitants ainsi que son chien. À travers cette œuvre, les participants ont
voulu mettre en avant la réalité quotidienne vécue par les populations
palestiniennes et libanaises.
La soirée a
également été marquée par un hommage rendu à l’historien Benjamin Stora, figure
incontournable du travail de mémoire autour de l’histoire franco-algérienne et
méditerranéenne. Pour la première fois dans l’histoire du festival, un prix
de la presse a été décerné. Celui-ci est revenu au film «Poupiya» de Yacine Bouaziz, qui a également remporté
le prix du public ainsi que le prix du jury. Le prix du meilleur scénario
a été attribué au film italien «The Holy Boy» de Paolo
Strippoli, récompensé pour l’originalité et la
profondeur de son écriture. Côté interprétation, le prix du meilleur acteur
est revenu au Tunisien Helmi Dridi pour son rôle dans «Round 13», tandis que Lydia Chebout
a remporté le prix de la meilleure actrice pour sa performance dans le
film algérien «Thread of Life». Le prix de la meilleure réalisatrice a
été attribué à la Palestinienne Anne-Marie Jacir pour «Palestine 36», une distinction saluant une œuvre forte et
engagée. Enfin, dans la catégorie longs métrages, le premier prix a été
remporté par le film égyptien «Aicha Can’t Fly». Une mention honorable a également été attribuée
au film espagnol «Un Hijo»
de Ian Cortegoso. Parmi les séquences les plus
émouvantes de la soirée, l’hommage rendu à Louiza Ighilahriz a profondément
touché le public. Accueillie par une longue standing ovation, la moudjahida a livré quelques mots puissants qui ont résonné
dans toute la salle : «Malgré les difficultés, ne
vendez jamais votre pays.» Une déclaration accueillie par des applaudissements
nourris, venant conclure une édition du festival marquée par la mémoire, la
résistance, le dialogue des cultures et la puissance du cinéma méditerranéen.