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Essai Wacini Laredj- "Remiti, de braises et de feu"

Date de création: 29-04-2026 19:55
Dernière mise à jour: 29-04-2026 19:55
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CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI WACINY LAREDJ- «  REMITI, DE BRAISES ET DE FEU »

© El Watan, CHahredine Beriah, mardi 28 avril 2026/ Editions Dar El Adab. Beyrouth. 2026

Le répertoire de Cheikha Remitti comprend une quarantaine de chansons et toutes racontent ses déboires, ses souffrances et l’injustice qu’elle a subie depuis sa tendre enfance.

Dans ce roman, je n’ai rien dit de nouveau sur Saadia Bedief, alias cheikha Remitti (8 mai 1923 à Tessala-15 mai 2006 à Paris), si ce n’est la douleur lancinante qu’elle a endurée et son cri silencieux qui m’est parvenu après toutes ces années. Le cri de nos mères, de nos filles, de nos sœurs, de nos épouses et de nos bien-aimées», avertit l’auteur qui souhaite que son œuvre soit silencieuse parce qu’il connait trop bien le bruit que de tels écrits peuvent engendrer. Une dame de la chanson raï que beaucoup adulent en public, mais qui, en même temps, ne se gênent pas de la critiquer en privé. Les paradoxes d’une société ballottée entre désirs et interdits. Une hypocrisie sociale généralisée qui rend les gens si fourbes ?», s’interroge Waciny qui ne craint pas de briser les tabous. Dans ses mélodies, Remitti ne cherche pas ses mots, elle ne les édulcore pas. Son langage est cru, mais pas trivial. Il berce les cœurs, mais dérange les consciences. Un personnage controversé qu’il faut disséquer pour la comprendre, fouiller dans son enfance où elle a été violentée, violée par un de ses proches, rejetée par sa famille, bannie, condamnée par la société et jetée à la vindicte populaire. Elle avait choisi la chanson pour se défendre, ou plutôt guérir, parce que personne ne lui avait offert une thérapie. Elle avait un caractère dur, dit-on, mais ce n’était que la dureté de ses douleurs enfouies, ses blessures incurables. Son répertoire comprend une quarantaine de chansons et toutes racontent ses déboires, ses souffrances, l’injustice qu’elle a subie depuis sa tendre enfance. Résiliente, résistante, elle chantait l’amour, aussi, et c’est peut-être cela qui l’avait sauvée de la folie, d’une mort volontaire… Laredj a cet audace, cette honnêteté intellectuelle pour la comprendre, de la défendre, de plaider sa cause dans un procès qui n’en finit pas même après sa mort. Vingt ans après sa disparition, quasiment dans l’anonymat, on continue de s’enivrer sur ses chansons… tout en la dénigrant. Allô, appelle-moi au téléphone est l’un de ses tubes à succès, avec tant d’autres. Avec «Remitti, de braises et de feu», l’écrivain Waciny Laredj l’a bien entendue, et il lui répond, en lui rendant ce vibrant hommage. A lire !