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Henri Teissier (Archevêque d'Alger) (Complément)

Date de création: 18-04-2026 19:55
Dernière mise à jour: 18-04-2026 19:55
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CULTURE- PERSONNALITÉS -HENRI TESSIER (ARCHEVÊQUE D’ALGER)(Complément)

Henri Teissier , né le 21 juillet 1029 à Lyon, est issu d'une famille installée à Philippeville en Algérie depuis 1849. Il grandit dans diverses villes de France, où son père, officier, est affecté. Il fait ses études chez les jésuites. La famille rejoint Alger en 1947. Il est ordonné prêtre pour le diocèse d'Alger, le 24 mars 1955, après des études au séminaire des Carmes à Paris. Il apprend l'arabe à l'Institut dominicain du Caire, où il assiste à la montée des nationalismes arabes. Il est de retour à Alger en 1958. Il fait partie de la vingtaine de prêtres (dont le cardinal Duval) qui obtiennent la nationalité algérienne en 1965. Mais l'Église catholique est exsangue et ne représente plus que 20 000 fidèles demeurés sur place, avec quelques coopérants ou étudiants africains.

Le 30 novembre 1972 à 43 ans, il est nommé par le pape Paul VI évêque d'Oran. Il reçoit la consécration épiscopale le 2 février 1973. En 1976, les écoles catholiques sont nationalisées, la charia devient la référence du droit, et l'arabe devient l'unique langue d'enseignement1. Le 20 décembre 1980, il est nommé archevêque coadjuteur du cardinal Duval à Alger. En 1988, le cardinal Duval se retire et Henri Teissier devient archevêque d'Alger.

Profondément attaché à l'Algérie dont il obtient la nationalité, Mgr Teissier traverse avec l'Église la terrible crise terroriste qu'a connue le pays dans les années 1990. Dix-neuf religieux sont assassinés entre 1994 et 1996 dont Mgr Pierre Claverie, évêque d'Oran, et les moines de Tibhirine. Malgré les épreuves et les menaces, Henri Teissier est toujours resté en Algérie avec comme unique ambition de découvrir et de susciter des frères. Il défend constamment les autorités algériennes2, même pendant la guerre de 1993-2000 qui fit plus de 200 000 morts. Il le fait pour ne pas exposer davantage les chrétiens durement éprouvés.

En 2005, lors d'une Conférence-débat sur les religions monothéistes avec Tahar Absi professeur à l'Université d'Alger intitulée "Paix et tolérance", Mgr Teissier disait que le terme « salam » (paix en arabe) constitue l'un des fondements du christianisme. « Jésus se plaisait à enseigner à ses disciples qu'à chaque fois que le seuil d'une maison était franchi, il fallait impérativement prononcer le mot paix » et que « l'islam, le christianisme et le judaïsme sont certes trois religions différentes qui ont toutefois une source et une finalité commune : le bonheur de l'humanité.» Mgr Teissier a noté la nouvelle position développée par l'Eglise « qui consiste à considérer les autres religions sous l'angle de la recherche des éléments qui favorisent l'amour entre les humains et qui renforcent chez eux le sentiment d'appartenir à une même famille ». Il a aussi rappelé que « L'existence en Algérie d'une communauté chrétienne est la preuve que nous vivons dans une atmosphère de tolérance et que nous partageons les mêmes joies et les mêmes épreuves que les autres peuples de la planète. »

Le 24 mai 2008, le Pape Benoît XVI accepte la démission de Mgr Henri Teissier. Il est remplacé par le père Ghaleb Bader du Patriarcat latin de Jérusalem.

Il est décédé le premier décembre 2020 à Lyon. L'ancien archevêque d'Alger Henri Teissier sera inhumé, après une cérémonie officielle d'hommages, ce 9 décembre dans l'intimité, dans la Chapelle Sainte Monique de la Basilique Notre-Dame d'Afrique à Alger, à côté du Cardinal Duval. Quelques dizaines de prêtres et de fidèles ont participé la veille, dans la capitale algérienne, à la messe d'obsèques de Mgr Teissier, témoin de la "décennie noire" dans le pays et "tisseur de liens" entre chrétiens et musulmans. A noter que le cercueil de Mgr Teissier, archevêque d'Alger de 1988 à 2008 était exposé mardi 8 décembre au cœur de la basilique Notre-Dame d'Afrique, sous un drapeau algérien.

"Son corps comme sa vie appartiennent à la terre et au peuple algérien", a souligné Mgr Paul Desfarges, alors archevêque d'Alger, saluant un "tisseur de liens, de fraternités" au début de la cérémonie dont l'affluence est restée très limitée en raison de la pandémie. "Il a été le Pasteur d'une église toute entière dédiée à son peuple algérien", avait-il écrit peu après le décès de son prédécesseur.