HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE
D’ALMANACH- ROMAN NAIMA GUERMAH- « LA REINE »
La Reine. Roman de
Naima Guermah. Editions Médias Index, ??????
2026, 337 pages, 1 300 dinars
La Reine est un roman historique inspiré du destin de Dihya
(La Kahina) , souveraine berbère de l'Aurès au
VIIe siècle.
Dihya , reine des Djerawa par la volonté de son père, Tabeta, affronte les armées omeyyades, le déclin byzantin,mais surtout les trahisons de l'intérieur: celles
des proches, des alliés, et des cœurs qui cèdent aux tentations du
pouvoir .
.
Refusant l'effet spectaculaire et toute réécriture partisane, « La
Reine » aborde l'Histoire avec respect: Berbères,
Omeyyades et Byzantins y sont traités comme des acteurs à part entière du grand
mouvement des civilisations. . À travers cet ouvrage, l’auteure s’attelle
à revisiter le VIIe siècle en Afrique du Nord, période charnière marquée par
les recompositions politiques, les affrontements militaires et les mutations
culturelles. Nourri par une recherche approfondie mêlant sources anciennes,
études modernes et travaux contemporains, le roman s’appuie sur un solide socle
documentaire pour restituer les contours d’une époque où l’Histoire et la
légende se confondent encore
L’auteure alterne deux systèmes de narration distincts. Le récit factuel
est réservé aux éléments historiquement établis, tandis que les dialogues
portent la dimension romanesque et les scènes fictives, imaginées pour
restituer l’esprit du temps. Ce dispositif narratif permet d’articuler rigueur
historique et souffle littéraire, en laissant place à l’émotion sans sacrifier l’exactitude..
Autour de la souveraine gravite une galerie de personnages aux trajectoires
contrastées, tantôt animés par la loyauté, tantôt gagnés par l’amertume ou
l’ambition. Tous évoluent dans un monde en pleine recomposition, soumis à des
choix déterminants où nul n’est entièrement innocent ni totalement coupable.
Les alliances se nouent et se délitent, les certitudes s’effritent, et les
destins se brisent. « Refusant l’effet spectaculaire et toute réécriture
partisane, « La Reine » aborde l’Histoire avec respect : Berbères,
Omeyyades et Byzantins y sont traités comme des acteurs à part entière du grand
mouvement des civilisations », précise encore la présentation du livre. « Ce
n’est pas un roman manichéen. C’est une traversée. Une tentative de faire
dialoguer mémoire et nuance, à hauteur d’âme ».
Il n’y a pas que Dihya comme personnage.On rencontre aussi Oqba
Ibn Nafâa, Koceila, Abu Mouhadjir, Heraclius, Abu Bakr,
Zuhayr ibn Qays, Abd
al-Malik ibn Marwan,Hassan ibn al-Nouman,
Khalid......Tibère III, Justinien II.......
Des groupes : Les Byzantins, les Berbères de Numidie, les Omeyyades,
....................
Des batailles , aussi : Nini, Thabarca, Carthage, Mems (non loin de Thevest).......................
Bref, un roman historique presque complet sur tout un pan de l’histoire de
la Numidie.....notre patrie.
L’Auteure : Originaire d’Irdjen. Titulaire d'un master en lettres et ingénieure
d’Etat en agronomie, elle vit à Gouraya . Elle a publié plusieurs nouvelles
Table des
matières :5 chapitres/Bibliographie sélective (ouvrages
généraux ; Ressources en articles en ligne)
Extraits : « C’est en l’an
670 qu’Oqba commença à concrétiser son rêve nourri
par la volonté d’ouvrir l’Ifriqiya à l’autorité du califat.A
la tête de dix mille cavaliers et archers venus des confins d’Arabie et
des rives du Nil, il s’élancça en direction de la
Tripolitaine » (p94), « Le véritable
pouvoir ne réside pas dans la force ou la richesse.Il
palpite dans le cœur du souverain, dans sa capcité à
comprendre, à aimer son peuple sans aveuglement » (p 140) , « Ce sont ceux
qui savent écouter qui écrivent l’histoire » (p170), « La Numidie
n’est pas une terre docile, et elle ne consentira pas à se dissoudre dans un
ordre qui lui serait imposé.La Numidie restera fidèle
à ce qu’elle est. A ses langues multiples, à ses rites, à ses alliances choisies
plutôt que subies.Elle n’ignore pas la nouvelle
religion, ni la puissance qui la porte ; certains même y voient un avenir possible.Mais cet avenir ne naîtra pas de la
contrainte, encore moins de l’affrontement » (p237), « La légende
veut que le cheval berbère, porteur d’une endurance presque surnaturelle,
possède deux vertèbres de moins que ses cousins, ce qui lui conférerait une
robustesse inébranlable, capable de sourtenir les
charges les plus lourdes » (p 295), « L’abandon, lorsqu’il vient de
ceux que l’on croyait proches, revêt une cruaté
infiniment plus amère.Ce n’est pas seulement la
trahison qui blesse, mais l’érosion subtile de la confiance, telle une eau
douce et traîtresse qui, goutte à goutte, s’infiltre dans les fissures de
l’âme, jusqu’à miner les fondations mêmes des liens tissés par le sang »
(p313)
Avis : L’Histoire lointaine à
travers le roman, quoi de plus efficace comme outil et forme
pédagogiques éducationnels du plus grand nombre.Il
faut seulement s’assurer d’avoir sous la main une documentation complète
et sûre.
Note : S’assurer lors
de l’achat que toutes les pages s’y trouvent.
Dans mon exemplaire manquent 8 pages (199 à 206).A qui
la faute : A l’éditeur ? A l’imprimeur ? A l’auteur ? Au
libraire ? Ou, à l’acheteur qui n’ a pas bien
contrôlé le produit ?
Citations : « Rappeler les
anciens, c’est évoquer une sagesse hors du temps, une
boussole au cœur
du tumulte.Si nous, leurs enfants, trahisons leur
mémoire, comment prétendre tracer un avenir clair ?L’oubli n’est pas
liberté : c’est la perdition » (pp 13-14) » , « La mémoire ne
se nourrit ni de gloire aveugle ni de peur.Elle naît
dans l’équilibre : reconnaître ce fut accompli, admettre ce qui fut
manqué, et apprendre à marcher avec ces deux réalités » (p 14),
« L’histoire ne commence jamais au présent.....Elle naît dans les
interlignes des anciens récits » (p55), « Le tumulte des
puissants finit toujours par retomber sur les épaules des peuples » (p
78), « On peut congédier un homme, pas le mythe qu’il
devient »
(p112), « L’ardeur seule ne fait pas le commandement.Il
faut la lucidité des anciens, la patience des pierres , et la foi dans ce qui
est juste » (p122), « La revanche est une flèche tirée du
passé, filant avec précision vers la cible du présent.Armée
de colère, elle traverse le temps pour atteindre son but, rappelant que les
dettes de l’âme finissent toujours par se payer » (p187), « La
reconnaissance est un vin noble, vieilli dans le fût du temps, offrant des
arômes riches de respect et de gratitude.C’est une
couronne de lauriers portée par ceux qui reconnaissent la valeur de
l’honneur » (p 327)