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Liamine Zeroual (Complément)

Date de création: 01-04-2026 19:02
Dernière mise à jour: 01-04-2026 19:02
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VIE POLITIQUE-PERSONNALITÉES- LIAMINE ZEROUAL

 

©El Moudjahid, 30 mars 2026

De son ralliement, très jeune, au sein de l’Armée nationale populaire, à sa dernière apparition publique, le 19 octobre 2023, lorsqu’il avait participé à une marche de solidarité en soutien à la population de Ghaza, que de chemin parcouru par le défunt Liamine Zeroual. Un homme qui a assurément marqué l’histoire de l’Algérie de par son aura, ses prises de positions fermes et son intégrité incontestée, couplées à un patriotisme de première heure, comme en témoigne son engagement dans la guerre de Libération nationale alors qu’il n’avait pas encore atteint 16 ans. Né le 3 juillet 1941, à Batna, Liamine Zeroual est âgé de 21 ans quand l’Algérie arracha son indépendance. Il s’engagera, dès lors, au sein de l’Armée nationale populaire et bénéficiera d’une formation militaire de haut niveau, que ce soit en Égypte, en ex-URSS ou encore en France, avec à la clé de nombreux diplômes décrochés dans des Écoles militaires (Moscou, Paris,…), ce qui lui avait permis d’exercer différentes fonctions au sein de l’ANP et de gravir les échelons, jusqu’à devenir ministre de la Défense nationale, en 1993, après s’être élevé, en 1988, au rang de général et promu commandant des Forces terrestres, une année plus tard. Mais avant d’atteindre cette importante fonction, le moudjahid avait occupé plusieurs postes militaires et dirigé des établissements de formation stratégique telles l'Ecole d’application des armes de Batna (1974-1975) et l'Académie militaire de Cherchell, à Tipasa, (1981-1982). Il avait également exercé les fonctions de commandement au niveau des 6e , 3e et 5e Régions militaires en étant désigné commandant des régions militaires de Sahara, à Tamanrasset en 1982, de Béchar aux frontières marocaines, en 1984 et enfin de Constantine, en 1987. Peu connu durant son parcours militaire, l’homme préférant toujours la discrétion, loin des feux de la rampe, Zeroual sera cependant contraint, début 1994, de composer avec un autre statut, celui d’une personnalité publique. Après avoir fait valoir ses droits à la retraite, en 1989, et occupé brièvement le poste d’Ambassadeur de l’Algérie en Roumanie, Liamine Zeroual s’est en effet, retiré complètement de la vie militaire et politique, mais il sera appelé par la patrie pour occuper le poste de président de l’Etat, à la suite de la conférence nationale, tenue le 30 janvier. Il remplacera Ali Kafi, suite à la dissolution du Haut comité d’Etat (HCE) et va ainsi assurer la période de transition. Le contexte de l’époque était très difficile et le pays était en proie à un terrorisme aveugle et barbare qui menaçait les fondements même de l’Etat algérien. En quelques mois, le défunt président Zeroual a su gagner l’estime du peuple algérien qui, rapidement, voyait en lui un homme intègre, droit, fidèle à ses principes et profondément attaché à sa patrie, tant bien qu’il sera brillamment élu président de la République, un certain 16 novembre 1995, dans ce qui sera connu comme étant la première élection présidentielle pluraliste de l’histoire de l’Algérie. Zeroual n’ira toutefois pas au bout de son mandat et organise des élections anticipées, en 1999.

 

 

 

©Horizons,Nadia Kerraz,  30 mars 2026

D écédé ce 28 mars  2026 à l’âge de 84 ans, cet ancien officier militaire, devenu chef de l’État en 1994 après avoir été désigné par le Haut Comité d’Etat (HCE), avant d’être élu président de la République en 1995 à l’issue des premières élections pluralistes du pays, a eu à assumer ses fonctions durant une étape charnière du pays. Et pour cause. Lorsqu’il lui fut fait appel pour être à la tête de l’Etat et assumer une responsabilité que nombre de personnalités avaient refusée à cette période précise, l’Algérie traversait sa  période la plus sombre depuis le recouvrement de son indépendance en 1962. Un terrorisme d’une rare violence sévissait à travers le pays, sur lequel, de surcroît, un embargo était imposé par plusieurs capitales étrangères qui avaient suspendu leurs liaisons aériennes  et refusé de vendre les équipements militaires nécessaires pour mener la lutte contre l’hydre terroriste.  De même qu’il a dû faire face à des difficultés financières puisque les caisses de l’Etat étaient presque vides en raison de la chute drastique du prix du pétrole dont le baril se vendait à moins de 11 dollars. Mais ces contraintes n’avaient pas altéré le dévouement et l’abnégation de l’homme qui, mieux que quiconque, connaissait le prix du sacrifice à payer pour que l’Algérie demeure debout et que la République soit préservée. Ce sens du devoir qui l’a animé toute sa carrière militaire et sa vie d’homme politique lui est, du reste, reconnu par tous ceux qui ont eu à vivre la période durant laquelle il a présidé au destin du pays. Sa large élection au scrutin présidentiel de 1995 témoigne de cette reconnaissance qui lui été dévolue et que les Algériens ont continué à lui manifester même une fois retourné dans sa ville natale à Batna où il a mené un train de vie tranquille après avoir annoncé sa décision d’écourter son mandat de cinq ans en 1998 et d’organiser une élection présidentielle anticipée en 1999.     L’histoire retiendra aussi que lors de son mandat, Liamine Zeroual avait fait adopter la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux dans la Constitution de 1996. Verrou que son successeur avait levé, avant d’être rétabli par le président Tebboune à la faveur de la révision constitutionnelle de 2020. Il avait également doté l’Algérie d’un Parlement bicéphale avec une Assemblée et un Conseil de la Nation et fit voter la loi sur la Rahma. Et si le défunt Président a continué de bénéficier d’une grande aura  auprès des Algériens c’est aussi parce que personne n’a douté de son patriotisme.  Ainsi, durant son passage au palais d’El Mouradia, il s’est distingué par la prise de  positions souveraines. Refusant toute ingérence dans les affaires internes du pays, il a, à titre d’exemple, décidé d’annuler, en octobre 1995, une rencontre, prévue à New York, avec le défunt président français Jacques Chirac. Un geste fort .Le peuple rend hommage à son enfant qui visait à protester contre la position  française sur la situation interne de l’Algérie. Alger avait indiqué que cette annulation faisait suite à des déclarations dans lesquelles Paris a porté «atteinte à la dignité et à la souveraineté du peuple algérien». Les Algériens se souviennent aussi qu’il avait refusé de se faire soigner en France. Partisan d’une armée de professionnels, il avait commandé, au cours d’une longue carrière d’officier d’active, trois régions militaires : Tamanrasset en 1982, Béchar, en 1984, et Constantine en 1987. Il avait aussi dirigé deux grandes écoles : l’Ecole d’application des armes de combat et l’Académie interarmes de Cherchel, creuset des officiers de l’armée algérienne. Alors qu’il sera enterré aujourd’hui sur ses terres natales à Batna, les Algériens garderont à jamais de lui l’image d’un militaire dévoué, et d’un homme simple qui allait au café et discutait avec les habitants.   «Il était un exemple de droiture», témoignent ceux qui l’ont côtoyé. Un homme qui a fait de l’Algérie, dont il suivait l’évolution, son sacerdoce,  ne sortant qu’à de rares occasions de la réserve dans laquelle il s’est muré depuis qu’il a quitté ses fonctions en 1999 pour présenter ses vœux. Comme ce fut le cas en  septembre 2024  lorsqu’il adressa un message au président Abdelmadjid Tebboune pour le féliciter pour sa réélection à un second mandat présidentiel, saluant la confiance renouvelée du peuple algérien.