Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Abdelkader Ould Abderrahmane , dit Kaki (Théâtre)

Date de création: 07-03-2026 21:29
Dernière mise à jour: 07-03-2026 21:29
Lu: 276 fois


CULTURE- PERSONNALITÉS- ABDELKADER OULD ABDERRAHMANNE , DIT KAKI (THÉÂTRE)

 

A Mostaganem, où il est né le 18 février 1934, comme à Oran, où il s’est éteint le 14 février 1995, Abdelkader Ould Abderrahmane, dit Kaki, demeure une référence incontournable. Il n’est pas une simple figure historique du quatrième art : il en est l’un des fondateurs modernes. Chez Kaki, le théâtre n’a jamais été un divertissement, il était nécessité. Positionnement. Engagement. Très tôt, apprenti meddah à dix ans, il découvre la puissance du récit populaire, l’énergie du cercle, la dynamique de la halqa où la parole circule et fédère. Cette matrice populaire irrigue toute son œuvre et devient la base d’une dramaturgie profondément enracinée dans l’oralité algérienne, tout en dialoguant avec les écritures universelles. En 1958, il fonde sa propre troupe — un geste fondateur à une époque où le théâtre national cherche encore ses repères. Comédien, dramaturge, metteur en scène et pédagogue, il multiplie les expériences et met en scène des auteurs comme Eugène Ionesco, Samuel Beckett, Plaute ou Carlo Gozzi. D’abord marqué par Bertolt Brecht, il s’en affranchit progressivement pour inventer son propre langage scénique : un théâtre de distance critique, nourri d’humour, de satire et d’un profond sens du collectif.Son œuvre compte plus de quarante pièces. El Guerrâb oua Salihine, La Légende de la rose, Dem el-hob, La Maison de Dieu, 132 ans, Le Peuple de la nuit, Ifrikya qabla 1, Diwan el-garagouz, Koul ouahad ou hakmou, Les Vieux, Beni kelboun… Autant de textes qui explorent les fractures sociales, interrogent les rapports de pouvoir et sondent les silences de la mémoire collective. Pour les professionnels du secteur, l’impact de Kaki reste structurant. «Il a donné au théâtre algérien sa colonne vertébrale», confie un metteur en scène de Mostaganem. «Avant lui, il y avait des initiatives isolées. Avec lui, il y a eu une vision, une méthode, une architecture artistique. Mohamed Merouani, directeur de la culture, souligne que Kaki ne concevait pas le théâtre comme un simple spectacle, mais comme une adresse directe à la société. «Il écrivait pour provoquer la réflexion, bousculer les certitudes et ouvrir le débat», rappelle-t-il. Son héritage dépasse largement le répertoire : il a structuré des troupes, accompagné des générations de comédiens et transmis une véritable éthique de travail. En somme, il a fait du théâtre un acteur à part entière de la vie publique. Du côté universitaire, le constat est unanime. Kaki a réussi une synthèse rare entre modernité occidentale et tradition orale algérienne. En réhabilitant la halqa et l’esprit du meddah tout en intégrant des techniques contemporaines, il a démontré que l’universel passe par le local. Son usage assumé du dialecte comme langue dramaturgique fut à la fois un geste esthétique et un acte politique.