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Déchets ménagers 2020

Date de création: 20-12-2021 17:45
Dernière mise à jour: 20-12-2021 17:45
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ENVIRONNEMENT – DÉCHET -DÉCHETS MÉNAGERS 2020

 

Depuis  le  début  des  années  2000,  l’Algérie  tente  de  s’engager  dans l’amélioration de la qualité de l’environnement et la promotion du cadre de vie des citoyens.

Les  insuffisances  constatées  sur  le  terrain  montrent,  cependant,  que  les moyens mis en œuvre demeurent faibles et doivent être renforcés pour que le pays enclenche sa transition environnementale vers une économie circulaire (un système économique d’échange et de production  qui  vise  à  augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement) qui devra être un levier important pour la croissance économique. 

De ces insuffisances, l’on citera le taux de recyclage des déchets ménagers qui n'a pas dépassé les 10% sur l'ensemble des déchets collectés en 2020, tel qu’évalué par des responsables de l'Agence nationale des déchets (AND), fin décembre 2021.

La quantité de déchets ménagers recyclés en 2020 s'élève à près de 1,3 million de tonnes, une quantité jugée “très faible” par rapport à celle produite durant la même année, soit 13,5 millions de tonnes. La volonté politique à promouvoir une gestion saine et intégrée des déchets a été affichée.

La  gestion  des  déchets  ménagers  et  assimilés (DMA) constitue  un des principaux   défis  auxquels   les  pouvoirs   publics  sont  confrontés  en permanence, car l’accroissement  des  quantités  de déchets  dû  à  la forte expansion démographique, à la croissance des activités économiques et à l’urbanisation rapide pose de sérieux problèmes environnementaux, sanitaires et financiers.

Le pays a déployé, au cours des deux dernières décennies, des efforts tant dans la prise en  charge  des  DMA  que  pour  les  déchets  “spéciaux” et “spéciaux dangereux” (DS/DSD). Des investissements significatifs entre 2002 et 2017 d’environ 88 milliards de dinars, dont 41 milliards de dinars destinés au matériel de collecte et de transport et 37 milliards de dinars pour la réalisation d’infrastructures dédiées au traitement des déchets (centre d’enfouissement technique ou CET, centre de tri, déchetterie, etc.) ont été réalisés.

Néanmoins, de l’aveu même du Premier ministre, la gestion des déchets ménagers nécessite une révision. Le dernier rapport de l’AND 2020 fait ressortir que l’indice de performance sur la gestion actuelle des déchets en Algérie est évalué à 5,38, ce qui est considéré comme une performance moyenne. Pour que le service assuré soit performant, il doit dépasser la barre des 7, précise le document. 

Recyclage de 1,3 million de tonnes de déchets 
L’évaluation de l’état des installations et des décharges sauvages soulève de sérieuses contraintes techniques et managériales. “Il s’agit, en l’occurrence, de la saturation précoce des casiers, de la pollution du sol et des eaux souterraines par l’écoulement et/ou l’infiltration des lixiviats hors casiers, des biogaz issus de la dégradation anaérobique de la matière organique, de l’exploitation non conforme au guide de gestion des CET…”, explique le rapport.

Ces défaillances sont dues, estiment les rédacteurs de ce bilan, “soit à des erreurs de conception, de réalisation, soit provoquées lors de leur mise en exploitation”. Pour faire face à toutes ces contraintes, les responsables de l'AND plaident pour l'intensification des efforts, afin de généraliser le tri sélectif des déchets au niveau de la source “bennes”, avant leur arrivée au CET, affirmant que la benne à ordures contient 80% de déchets recyclables via le tri sélectif.

Le chef de service d'audit à l'AND, Abdellah Aïchour, a souligné, dans ce sens, que le tri sélectif des déchets ménagers à la source (bennes) est “très faible”, ajoutant que 45% de déchets ménagers sont transférés vers les CET (101 CET au niveau national), tandis que les 55% restants sont déversés dans les points noirs ou des décharges anarchiques.

Pour sa part, la responsable du service des déchets ménagers à l'AND, Akila Boudraâ, a insisté sur l'impérative amélioration du système de récupération et de valorisation des déchets, et souligne que les métaux et les produits en plastique rapportent, à eux deux, un gain estimé à 69 milliards de dinars/an. 

Or, “certains obstacles freinent la participation des opérateurs économiques surtout à cause du difficile accès au gisement des déchets au niveau des installations de traitement”, déplorent les rédacteurs du même rapport.

La plupart des opérateurs, indique le document, ne disposent, en outre, pas d’un foncier suffisamment adapté aux activités de valorisation des déchets. Ce qui influe directement sur la capacité de tri, de stockage et de valorisation.

Les installations de traitement et les décharges brutes constituent, selon les responsables de l’AND, des facteurs de pollution potentiels de l’environnement, notamment les cours d’eau et les nappes phréatiques. 

De son côté, la responsable du service d'appui des entreprises à l'AND, Samia Madoui, a rappelé que la gestion des déchets ménagers coûte à l'État près de 127,05 milliards de dinars/an, soit 0,76% du produit intérieur brut (PIB). La gestion des déchets au niveau des CET coûte au Trésor public 58 milliards de dinars, a-t-elle ajouté.