Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Algérie- Enfance

Date de création: 03-01-2013 11:27
Dernière mise à jour: 03-01-2013 11:27
Lu: 448 fois


POPULATION – ENQUETES ET REPORTAGES- ALGERIE- ENFANCE

Quelle a été la situation de l’enfant algérien en 2012 ? Quel bilan peut-on faire pour améliorer la situation des enfants en Algérie au cours de cette année ?

C’est la Forem qui fait le point sur les avancées, mais aussi les insuffisances constatées dans ce domaine, et ce sur la base de l’application des dispositions de la convention internationale des droits des enfants sur le terrain. La Forem admet qu’il est  incontestable de reconnaître que de nombreux progrès ont été enregistrés, notamment dans l’éducation, avec près de 100% des enfants de 6 ans inscrits à l’école et 90% des enfants inscrits dans le cycle primaire. En matière de santé, la baisse du taux de mortalité infantile pour les moins de 5 ans et de plus en plus pour les moins d’un an sont considérées comme d’importants acquis.
L’Algérie occupe la 69e place dans le classement par pays pour ce qui est du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (année 2012). Ce taux est passé de 68% en 1990 à 36% en 2010. Néanmoins, ces avancées aussi importantes soient-elles ne correspondent pas aux efforts considérables déployés par l’État. Au plan de l’éducation, 15% des enfants quittent l’école avant la fin du cycle primaire, et l’Unicef estime même que 27,2% des enfants de moins de 15 ans sont analphabètes. Au plan santé, les ruptures fréquentes de vaccins et médicaments divers mettent en danger la santé des enfants, et créent un dysfonctionnement dans le programme national de vaccination. Au plan nutritionnel, l’absence d’une politique d’éducation sanitaire est derrière le recul constant de l’allaitement maternel, moins de 13% des enfants de moins de 6 mois sont allaités au sein.
À cela, il faut ajouter que 20.000 enfants décèdent avant leur naissance, et qu’environ 20.000 autres meurent avant d’avoir atteint leur première année.
La couverture sanitaire n’est pas équitable, comme en témoigne le fort taux de décès de femmes en couches dans les zones excentrées, des Hauts Plateaux et du Sud. Sur les autres plans, la Forem  considère qu’il y a peu d’efforts et  que la situation piétine, faute d’une action efficiente.
 Plus du quart de nos enfants sont victimes de maltraitance (enquête Forem 2003 : 27% ; enquête Unicef 2009 : 22,5%). Dans ce cadre, les agressions sexuelles deviennent un véritable phénomène de société, leur nombre a été estime à près de 10.000 en 2010.
Les enfants victimes souffrent dans le silence. Les tabous sont très lourds, car 80% des ces actes sont enregistrés dans le milieu familial. Il y a aussi le problème des enfants nés sous X, dont le nombre est estimé entre 3.000 et 5.000 par an fait toujours l’objet d’un traitement très discret de la part des pouvoirs publics, ce qui n’apporte aucune solution.
Il est urgent pourtant de renforcer le traitement de ce problème à ses deux extrémités : éducation sexuelle en aval et assouplissement des procédures de Kafala, ainsi que l’identification ADN systématique des géniteurs en amont.
Drogue et enfants :
situation inquiétante
Plus de 25% des jeunes ont touché à la drogue et 3% la consomment régulièrement. Par ailleurs, 20.000 enfants de la rue sont en rupture totale avec leur milieu familial devenant, de ce fait, des SDF et ne bénéficiant que de peu de sollicitude de la part de la société.
 La famille, l’école et les collectivités locales devraient s’impliquer davantage dans ce domaine, car aujourd’hui, à peine 2% d’enfants scolarisés pratiquent une activité sportive au sein d’un club ou d’une fédération. Les enfants sont livrés à la rue pendant une grande partie de leur temps. Les enfants plus grands laissés à eux-mêmes suivent les plus téméraires, mais aussi les plus déviants, d’où leur implication de plus en plus fréquente dans des actes de violence. Plus de 15.000 enfants sont présentés devant les tribunaux chaque année. Ces enfants sont impliqués, notamment, dans des affaires de violence sur autrui et de vols. Ils sont âgés entre 12 et 16 ans. Ainsi, la Forem considère que  la situation est certes bien différente de leurs frères d’il y a cinquante ans, ils bénéficient de soins, d’éducation et ne meurent plus de faim. Cependant, d’autres problèmes sont apparus chez eux ou sont devenus plus importants. Les efforts publics malgré leur importance ne pourront pas cerner les maux dont souffrent les enfants ou les endiguer.
Farida Larbi (in El Moudjahid, 3 janvier 2012)