JUSTICE – PERSONNALITÉS- HOCINE ZAHOUANE
Date de première création: 20-07-2008 17:54
Avant-dernière mise à jour: 20-07-2008 17:54
Déjà lue: 2746 fois
Maître Hocine Zehouane, ancien président
de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), est
décédé le 17 mars à l’âge de 90 ans.Il
est né né le 13 août 1935 à Drâa Ben Khedda)
Né à Draâ Ben Khedda en Kabylie le 13
août 1935, , Hocine Zehouane
s’engage très tôt dans la lutte pour la liberté. Lycéen en 1954, il adhère au
Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), prémices de son
parcours militant. Témoin privilégié du déclenchement de la Révolution du 1er
novembre 1954, il est arrêté en 1955 et emprisonné jusqu’en 1957. À sa sortie,
il rejoint le maquis en Kabylie, où il devient officier puis commissaire
politique de la Wilaya III. En mars 1960, il intègre le Gouvernement provisoire
de la République algérienne (GPRA).
À
l’indépendance, Hocine Zehouane joue un rôle central
dans la construction de la fédération d’Alger du FLN, soutenant avec ardeur les
initiatives autogestionnaires dans l’agriculture et l’industrie, instituées par
les décrets de mars 1963. Avec Mohamed Harbi, il forme
le binôme dirigeant de l’aile gauche du parti, plaidant pour une Algérie
populaire et progressiste. Membre du Bureau politique du FLN en 1964, chargé du
secteur orientation, il participe au premier Congrès de l’Union régionale de
l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) à Alger, déclarant alors : «
Les travailleurs algériens doivent accéder au pouvoir politique. »
Opposant
farouche au coup d’État de Houari Boumediene le 19 juin 1965, il co-fonde
l’Organisation de la résistance populaire (ORP) avec Mohamed Harbi, Bachir Hadj Ali et Abdelhamid Benzine, en assumant
le rôle de porte-parole provisoire. La répression qui s’ensuit le conduit en
prison, puis en résidence surveillée dans le Sud de 1965 à 1971. En 1973, il
s’évade avec Harbi et s’exile en France, ne rentrant
en Algérie qu’après la mort de Boumediene en 1978.
Inscrit comme avocat au barreau d'Alger, il reste nénmoins critique et discret.
Il
défend avec courage les détenus, notamment ceux de Berrouaghia.
En 1985, il participe avec Me Ali Yahia Abdenour à la fondation de la première
Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH), avant de devenir vice-président
puis président de la LADDH le 23 septembre 2005 à l'issue du 2ème Congrès tenu à Boumerdès. Anti-impérialiste inébranlable, il dénonce
sans relâche les injustices mondiales, de la destruction de la Libye à la
situation à Gaza, s’attirant des inimitiés internationales. Militant de gauche
jusqu’à son dernier souffle, il rêve d’une ligue populaire priorisant les
droits naturels des travailleurs sur les libertés formelles.
Proche
de ses camarades, Hocine Zahouane était un roc,
refusant de précipiter l’écriture de ses mémoires malgré les encouragements. «
Nous avions commencé à y travailler, mais il n’en ressentait pas l’urgence »,
confie Chawki Salhi, un compagnon de route ému par cete perte.
L’enterrement
a eu lieu ce 18 mars 2025, au cimetière d’El Alia à Alger.