TRAVAIL- ETUDES ET
ANALYSES- RECRUTEMENTS MONDE/ INDICE ATARAXIS 2026
Spécialiste du conseil des entreprises
en matière de recrutement et de placements professionnels, la plateforme
américaine Ataraxis, dans son dernier rapport dédié à
l’externalisation «Global Outsourcing Talent Index
2026», classe l’Algérie dans le segment des 14% des pays les plus compétitifs
au monde.
Sur un ensemble de 193 pays analysés et évalués pour
le recrutement international, le rapport se base sur cinq critères, que sont le
coût de la main-d’œuvre, la maîtrise de l’anglais, la disponibilité des
talents, les infrastructures numériques et la stabilité politique, commerciale
et juridique.
Onze des 50 premières destinations mondiales
d’externalisation se trouvent en Afrique, notamment l’Afrique du Sud, le Nigeria,
le Kenya, l’Egypte, le Ghana, l’Ethiopie, l’Ouganda, le Maroc, l’Algérie, le
Zimbabwe et le Libéria. L’Algérie arrive au 28e rang mondial, juste avant le
Royaume-Uni (29e), et 9e en Afrique. L’analyse d’Ataraxis
permet aux compagnies, à travers le monde, de connaître où dénicher des talents
en externalisant leurs recrutements et développant leurs équipes à distance.
En s’appuyant sur différentes données et
interprétation des experts, le Global Outsourcing Talents Index permet de faire
un comparatif entre les pays. En matière de disponibilité des talents, le plus
grand pays d’Afrique réalise un score s’élevant à 70 sur 100. L’Algérie réalise
ainsi, ex æquo avec l’Egypte, le score le plus élevé d’Afrique en disponibilité
de talents. En matière de coût de la main-d’œuvre, qui est le critère le plus
côté avec 52,5% par ordre d’importance, le pays réalise un score de 96/100, ce
qui le classe au 55e au rang mondial, devenant plus compétitif «que les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et même la
Chine».
Dans l’analyse du critère de maîtrise de l’anglais, le
score de l’Algérie est de 60/100. La maîtrise de l’anglais peut largement
compenser le manque de points dans d’autres indicateurs de sélection. Par
exemple, dans le cas où ce score de maîtrise de l’anglais s’améliore pour
atteindre 80/100, le pays de l’Afrique du Nord passerait au 12e rang mondial
comme destination pour l’externalisation des recrutements. Cela permettrait de
compenser le score en matière de connexion internet en Algérie, qui est de
seulement 10/100, ce qui la place à égalité avec le Bangladesh.
Les scores calculés par le rapport d’Ataraxis, qui se veut un indice «neutre
et comparatif», s’appuient sur des données recoupées et analysés émanant de
LinkedIn, l’Unesco, le Toefl/Epep,
Gallup World Poll, l’UIT, Ookla,
la Banque mondiale, le Forum économique mondial et Heritage
Foundation. L’indice évalue le marché mondial de
l’externalisation des recrutements à 328,37 milliards de dollars en 2025 et
devrait atteindre 695,77 milliards de dollars d’ici 2033, avec un taux de
croissance annuel composé de 9,9% entre 2026 et 2033.
«La demande de services spécialisés,
notamment dans des secteurs comme la santé, la finance et les technologies de l’information,
stimule la croissance du marché de l’externalisation des processus métiers»,
indique le rapport, en notant que le secteur de l’externalisation offshore
permet de réaliser d’importantes économies et d’accéder à un vaste vivier de
talents à l’échelle mondiale.
Les entreprises profitent de coûts de main-d’œuvre
plus bas pour externaliser certaines fonctions, comme pour le front-office pour
lequel 56% des organisations externalisent leurs fonctions, alors 46%
externalisent leurs activités de recherche et développement. «Moins de 50% des
organisations qui utilisent l’IA dans le cadre de leurs services externalisés
constatent des gains de productivité et de rendement, et seulement 25% des
personnes interrogées constatent une réduction des coûts des services des
fournisseurs ou une amélioration de la qualité du service», alors que
l’externalisation des talents permet de réaliser d’importantes économies et une
amélioration de l’efficacité opérationnelle en déléguant les tâches non
essentielles à des prestataires externes.
Ces économies s’élèvent entre 70 et 80% sur les coûts
de main-d’œuvre. «L’essor du télétravail et la
flexibilité accrue de la main-d’œuvre à l’échelle mondiale redéfinissent
également la dynamique de l’internationalisation, contribuant de manière
significative à l’expansion du secteur des services d’internationalisation.»
Dans ce cadre, les marchés émergents offrent un vivier de talents avec des
coûts de main-d’œuvre moins élevés que celui des économies développées. «La délocalisation est généralement plus rentable pour les
tâches où les salaires nationaux sont élevés par rapport aux salaires
étrangers, et où la tâche nécessite peu de surveillance», précise l’analyse.
Le secteur des services d’externalisation devrait
ainsi connaître aux Etats-Unis une croissance annuelle de plus de 9% entre 2025
et 2030. «La taille du marché américain de
l’externalisation informatique est estimée à 185,33 mds de dollars en 2026 et
devrait atteindre 235,63 mds de dollars d’ici 2031. Le salaire médian des ingénieurs
logiciels aux USA en 2025 a atteint 13 000 dollars, tandis que le taux de
chômage dans le secteur informatique se maintenait aux alentours de 2,1%,
soulignant une pénurie de compétences.
Par conséquent, les entreprises privilégient la
prestation de services à l’échelle mondiale, en associant des architectes
américains à des développeurs offshore afin de réaliser des économies d’environ
40% sur les coûts moyens.» Des multinationales
américaines réalisent des économies de coûts supérieures à 20% grâce à
l’externalisation.