SCIENCES- PERSONNALITES- CHEMS EDDINE CHITOUR
L'ancien ministre et membre du Conseil de la nation au titre du
tiers présidentiel, Chems Eddine Chitour,
est décédé, à Alger, dimanche 19 avril 2026, à l’âge de 82 ans.. Né le 13 octobre
1944 à Bordj Bou Arréridj, ChemsEddine
Chitour est l’un des premiers diplômés de l’École
nationale polytechnique (ENP) d’Alger, après son changement de statut. C’était
en génie chimique. Il avait, par la suite, poursuivi des études techniques au
sein de l’Institut algérien de pétrole (IAP), dans un contexte de formation de
cadres algériens en vue de récupération des richesses naturelles nationales. Il
décrocha un ingéniorat, avant de décrocher un doctorat à l’université d’Alger,
puis un doctorat ès sciences de l’université Jean-Monnet, à Saint Étienne
(France). Tous ces diplômes lui ouvraient les portes de l’Enseignement
supérieur, devenant professeur universitaire en physico-chimie des surfaces, de
raffinage de thermodynamique et d’économie pétrolière. Il fut même professeur
invité, puis professeur associé à l’étranger, plus précisément à l’Institut du
génie chimique (IGC), intégré plus tard à l’École nationale supérieure des
ingénieurs en arts chimiques et technologiques (ENSIACET) de Toulouse. C’est
dire sa maîtrise de tout ce qui est relatif à la pétrochimie de manière générale.
Cette connaissance d’un domaine aussi sensible l’a amené à fonder le
Laboratoire de valorisation des énergies fossiles au sein de l’École nationale
polytechnique, lequel a permis d’élargir le domaine des recherches
universitaires dans les énergies traditionnelles. Chems-Eddine
Chitour, au-delà de sa dévotion au savoir et à
l’enseignement universitaire, a été, en premier lieu, un serviteur de
l’Algérie. C’est à ce titre qu’il a assumé, le 4 janvier 2020, la
responsabilité de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
scientifique. Six mois plus tard, il prit un nouveau département ministériel,
devenant ministre de la Transition énergétique et renouvelable. Une fonction
qu’il occupa durant une année au cours de laquelle il s’attela à jeter les
bases du développement des énergies propres. Comment peut-il en être autrement
pour un homme qui, depuis 1996, organise annuellement une journée sur l’énergie
? Son objectif affiché : arriver à ce qu’à l’horizon 2035, la moitié de
l’énergie consommée au niveau national soit renouvelable. Sa longue carrière au
service de l’Algérie s’acheva par la fonction de sénateur, au titre du tiers
présidentiel, depuis le 7 avril 2022 jusqu’à son décès. En marge de ses
activités professionnelles, le défunt s’est distingué par de nombreuses
interventions dans les médias, entre participations à des émissions télévisées
et radiophoniques et contributions écrites dans des journaux. Ses sujets
favoris étaient les marchés pétroliers, les produits pétrochimiques, la transition
énergétique, mais aussi l’histoire, la religion, la Révolution algérienne et le
devoir mémoriel.. Il a également été un auteur
pléthorique entre publications scientifiques et essais. On peut citer, parmi
ses œuvres, Géopolitique du pétrole et mondialisation (1998), Raffinage : les
propriétés physiques des hydrocarbures et des fractions pétrolières (1999),
Raffinage : les propriétés thermiques (1999), L’éducation et la culture de
l’Algérie : des origines à nos jours (1999), L’Islam et l’Occident chrétien :
pour une quête de la tolérance (2001), Histoire religieuse de l’Algérie :
l’identité et la religion face à la modernité (2001), Science, foi et
désenchantement du monde (2002), Physicochimie des surfaces (en deux tomes,
2004), De la traite au traité : histoire d’une utopie (2007), L’Occident à la
conquête du monde : une extermination sans repentance (2009), Le monde comme je
le vois (2012), Palestine, le calvaire d’un peuple : le livre noir du sionisme
(2013), L’Islam du XXIe siècle - Pour une contribution apaisée à la sérénité du
Monde (2013), Histoire de l’Algérie : de la résilience à la quête de la
modernité (2018) et La condition humaine à l’épreuve de la science (2021).