FINANCE – CHRONIQUE- « CETTE
CHÈRE DEVISE ! » /B. AHCENE DJABALLAH
© Belkacem Ahcene Djaballah/Le Quotidien d’Oran/Raina
Raikoum, samedi 24 octobre 2026
De quoi s’interroger !
D’abord, cette
remarque (ou, bien plutôt cet agacement ou une colère contenue) émise par le
Président mercredi 14 octobre au Cic, lors de sa
rencontre avec les patrons, concernant la (mauvaise) habitude de certains de
nos exportateurs -fraudeurs de ne pas importer
(tout ou partie) de leurs revenus en devises fortes, fruits de l’exportation de
produits ou services algériens.
De quoi s’interroger,
car ce n’est pas la première fois que l’observation sur
les « bons comptes » qui doivent « faire les bon
amis », est émise publiquement .Encore une fois, et cela dure, dure depuis
déjà des décennies.
Il semble bien que
cette (mauvaise) habitude perdure et n’est pas
prête d’être revue et corrigée.
Il faut, cependant,
espérer. Encore qu’il semble bien que ce soit désormais bien ancré dans les
comportements économiques et financiers de pas mal de
nos opérateurs en particulier et de nos concitoyens en général. Ils en sont
arrivés à emprunter et à inventer les voies les plus incroyables pour
contourner les réglementations. Ce qui laisse fleurir le « marché
parallèle de la devise « forte »
étrangère ; face à un système qui ne sait quoi promulguer pour combattre
le fléau. Tout juste le contenir. Car fléau il y a ! Dommageable pour
l’économie et les finances nationales , mais
aussi et surtout pour l’image extérieure du pays. Après la fuite des cerveaux,
après les « harragas », nos devises. Qui ne font que partir.....Et, qui n’arrivent plus suffisamment ou
comme espéré .Côté diaspora, cela s’entend.
Ainsi, on a appris récemment , selon le rapport Sending Money Home 2026, publié par le Fonds
international de développement agricole
(Fida) que les transferts en devises des Algériens (nationaux et /ou bi-nationaux) vers leur pays d’origine ne d’élèvent ,en 2025, qu’à…………………………..
1,79 milliard de dollars*
Un montant stable en apparence, mais qui masque une tendance à contre-courant de celle observée dans le reste du Maghreb et du continent africain : sur la dernière décennie, les transferts vers l’Algérie ont reculé
de 10 %, quand ceux de ses voisins ont
explosé.
De quoi s’interroger!
Une trajectoire inverse à celle de tous ses
voisins directs sur la même
période :
l’Égypte a vu ses transferts bondir de 123 %, le
Maroc de 114 % et la Tunisie de 79 %.
Conséquence directe de cette stagnation : l’Algérie, qui figurait en 2016 parmi les cinq premiers
pays bénéficiaires de transferts
de fonds du continent africain ** (avec environ 2
milliards de dollars, derrière le Nigeria, l’Égypte,
le Maroc et le Ghana), n’apparaît plus dans ce classement en
2025. Elle a(urait) été supplantée
par l’Éthiopie (7,1 milliards de dollars) et le Kenya
(5 milliards de dollars), deux pays dont les flux ont été multipliés
respectivement par plus de huit
et par près de quatre en
dix ans.
De quoi s’interroger!
Surtout sur les causes. L’organisation de l’économie nationale…..pas assez libérale
(elle est annoncée pour 2027)? Peut-être!
Je pense aussi et surtout à
la bonne santé financière et économique
du pays …… En effet, le
rapport du Fida souligne le rôle
économique et social de ces
flux : environ 34 % des transferts
reçus par l’Afrique, soit près de 42 milliards de
dollars, atteignent les zones rurales, où l’accès aux services financiers
et à l’emploi formel reste limité. Or, l’Algérie a largement dépassé ces caps. Tant mieux….Mais…..