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"Cette chère devise "/Belkacem Ahcene Djaballah

Date de création: 23-10-2026 15:59
Dernière mise à jour: 23-10-2026 15:59
Lu: 9 fois


FINANCE – CHRONIQUE- « CETTE CHÈRE DEVISE ! » /B. AHCENE DJABALLAH

 

© Belkacem Ahcene Djaballah/Le Quotidien d’Oran/Raina Raikoum, samedi 24 octobre 2026

 

De quoi s’interroger !

D’abord, cette remarque (ou, bien plutôt cet agacement ou une colère contenue) émise par le Président mercredi 14 octobre au Cic, lors de sa rencontre avec les patrons, concernant la (mauvaise) habitude de certains de nos exportateurs -fraudeurs  de ne pas importer (tout ou partie) de leurs revenus en devises fortes, fruits de l’exportation de produits ou services algériens.

De quoi s’interroger, car ce n’est pas la première fois que l’observation  sur les « bons comptes » qui doivent « faire  les bon amis », est émise publiquement .Encore une fois, et cela dure, dure depuis déjà des décennies.

Il semble bien que cette (mauvaise) habitude  perdure et n’est pas prête d’être revue et corrigée.

Il faut, cependant, espérer. Encore qu’il semble bien que ce soit désormais bien ancré dans les comportements économiques et financiers de pas mal  de nos opérateurs en particulier et de nos concitoyens en général. Ils en sont arrivés à emprunter et à inventer les voies les plus incroyables pour contourner les réglementations. Ce qui laisse fleurir le « marché parallèle de la devise  « forte »  étrangère ; face à un système qui ne sait quoi promulguer pour combattre le fléau. Tout juste le contenir. Car fléau il y a ! Dommageable pour l’économie et les finances nationales  , mais aussi et surtout pour l’image extérieure du pays. Après la fuite des cerveaux, après les « harragas », nos devises. Qui ne font que partir.....Et, qui  n’arrivent plus suffisamment ou comme espéré .Côté diaspora, cela s’entend.

Ainsi, on a appris récemment , selon le rapport Sending Money Home 2026, publié par le Fonds international de développement agricole (Fida) que les transferts en devises des Algériens  (nationaux et /ou bi-nationaux) vers leur pays d’origine ne d’élèvent ,en 2025, qu’à………………………….. 1,79 milliard de dollars*

Un montant stable en apparence, mais qui masque une tendance à contre-courant de celle observée dans le reste du Maghreb et du continent africain : sur la dernière décennie, les transferts vers l’Algérie ont reculé de 10 %, quand ceux de ses voisins ont explosé.

De quoi s’interroger!

 

 

Une trajectoire inverse à celle de tous ses voisins directs sur la même période : l’Égypte a vu ses transferts bondir de 123 %, le Maroc de 114 % et la Tunisie de 79 %.

Conséquence directe de cette stagnation : l’Algérie, qui figurait en 2016 parmi les cinq premiers pays bénéficiaires de transferts de fonds du continent africain ** (avec environ 2 milliards de dollars, derrière le Nigeria, l’Égypte, le Maroc et le Ghana), n’apparaît plus dans ce classement en 2025. Elle a(urait)  été supplantée par l’Éthiopie (7,1 milliards de dollars) et le Kenya (5 milliards de dollars), deux pays dont les flux ont été multipliés respectivement par plus de huit et par près de quatre en dix ans.

De quoi s’interroger! Surtout sur les causes. L’organisation de l’économie nationale…..pas assez libérale (elle est annoncée pour 2027)? Peut-être! Je pense aussi et surtout à la bonne santé financière et économique du pays …… En effet, le rapport du Fida souligne le rôle économique et social de ces flux : environ 34 % des transferts reçus par l’Afrique, soit près de 42 milliards de dollars, atteignent les zones rurales, où l’accès aux services financiers et à l’emploi formel reste limité. Or, l’Algérie a largement dépassé ces caps.  Tant mieux….Mais…..