VIE POLITIQUE-DOCUMENTS POLITIQUES- ENTRETIEN PRÉSIDENT
TEBBOUNE.PRESSE NATIONALE, 3 SEPTEMBRE 2026/SYNTHÈSE
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4 soctobre 2026
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a abordé
plusieurs dossiers économiques, sociaux, politiques et internationaux lors de
son entrevue périodique avec des représentants de la presse nationale,
diffusée samedi soir. Les salaires, le pouvoir d’achat, la croissance
économique, les investissements, le développement, la lutte contre la
corruption ainsi que plusieurs questions de politique étrangère figuraient
parmi les principaux sujets évoqués.Sur
le plan social, le président Tebboune a réaffirmé son engagement à procéder
à une nouvelle revalorisation des salaires en 2027. Il a rappelé que les
augmentations seront inscrites dans le budget de l’année prochaine et qu’elles
pourraient être appliquées en une ou deux tranches selon les possibilités.« Je me suis engagé à concrétiser les 53 % restants des
augmentations des salaires, et je réitère cet engagement », a-t-il déclaré.La préservation du pouvoir d’achat reste, selon
lui, une priorité, notamment à travers la lutte contre la spéculation et les
pratiques affectant les prix. Il a attribué la hausse de certains produits à «
la cupidité de ceux qui profitent de la situation », qualifiés de « parasites
», tout en affirmant que le gouvernement prendra les mesures nécessaires contre
ces pratiques.Le président
Tebboune a également évoqué les conséquences des incendies qui ont touché
plusieurs wilayas durant l’été. Il a indiqué que les indemnisations versées aux
sinistrés « avoisinait 1200 milliards de centimes ».
Il a par ailleurs affirmé que plusieurs incendies étaient d’origine criminelle
et que les investigations avaient permis de mettre au jour différentes méthodes
utilisées pour provoquer les départs de feu.Il
a rendu hommage aux éléments de la Protection civile ainsi qu’aux membres des
autres corps ayant perdu la vie dans l’accomplissement de leurs missions.
Sur le volet économique,
Abdelmadjid Tebboune a estimé que la croissance de l’économie nationale devrait
dépasser les prévisions du Fonds monétaire international. « Selon les études
que nous avons réalisées, le taux de croissance devrait se situer entre 4,01 et
4,02 % », a-t-il indiqué.Il
a également évoqué la possibilité pour l’Algérie d’atteindre un produit
intérieur brut de 400 milliards de dollars à la fin de 2026 ou au début de
2027. Selon lui, cette évolution serait notamment liée à « la dynamique de
l’investissement, qui se concrétise à travers des milliers de projets à
l’échelle nationale ainsi que par la valorisation du potentiel de plusieurs
secteurs ».Le chef de l’Etat a cité plusieurs activités appelées, selon lui, à
contribuer à l’augmentation des recettes en devises, notamment l’industrie
automobile, les mines, la transformation du fer et la production locale de
composants électroniques.L’objectif affiché est de
parvenir à un « revenu annuel stable » en devises d’au moins 50 milliards de
dollars. Les hydrocarbures devraient toutefois continuer à occuper une place
importante, avec la poursuite des opérations de prospection et les efforts
visant à attirer de « grandes » compagnies internationales. Le président
Tebboune a également assuré que les réserves de change « resteront à un niveau
acceptable ».Il a fait état d’une progression du
nombre de projets enregistrés auprès de l’Agence algérienne de promotion de
l’investissement. Il a notamment évoqué 300 projets liés à des investisseurs
étrangers, ainsi que des milliers de projets nationaux.Selon lui, cette dynamique « reflète la
reprise de l’économie algérienne et le rétablissement de la confiance ». Il a
également rappelé que l’Algérie avait « ouvert l’investissement aux frères
arabes ».Le président Tebboune a annoncé, par
ailleurs, la signature prochaine d’un décret destiné à organiser le guichet
unique de manière à mieux identifier les besoins des projets en matière de
foncier et à favoriser une répartition plus équilibrée des investissements
entre les wilayas.Le projet de phosphate intégré a
également été évoqué. Les travaux de la ligne ferroviaire qui lui est liée
doivent s’achever « à la fin de l’année au plus tard », avec « la possibilité
de gagner un ou deux mois, sachant que les essais techniques s’achèveront fin
octobre courant ».Concernant l’extension du port
d’Annaba, le chef de l’Etat a indiqué que sa livraison était prévue à la fin du
premier trimestre 2027.
Le président Tebboune a insisté sur la nécessité
d’associer davantage les compétences algériennes établies à l’étranger
au développement du pays. Il a expliqué que la création du Haut conseil de la
communauté scientifique nationale à l’étranger répondait à cette volonté.« Le
processus de développement en Algérie a atteint un niveau qui nécessite de
tirer profit de l’expertise de son élite et de ses compétences scientifiques
établies à l’étranger », a-t-il affirmé.Il a cité
plusieurs scientifiques d’origine algérienne ayant occupé des responsabilités
ou développé des carrières dans des institutions internationales, estimant que
leur expérience pouvait être mise au service du pays.Les
compétences établies à l’étranger devraient notamment travailler avec les
chercheurs locaux dans des domaines comme le dessalement de l’eau de mer,
l’agriculture, les mines, les hydrocarbures, l’énergie solaire, l’industrie et
la recherche spatiale.« L’Algérie n’a aujourd’hui aucun complexe à tirer profit
de l’expertise de ses enfants et de tous ceux qui ont atteint un haut degré de
savoir à l’étranger », a-t-il déclaré.
Abdelmadjid Tebboune a également défendu l’idée
d’un « développement global et intégré », estimant que les politiques
publiques doivent bénéficier à l’ensemble de la population. Il a évoqué des
stratégies à l’horizon 2030 et 2050, considérant que l’objectif est d’inscrire
le développement dans la durée.
Sur le plan politique, il a
affirmé que « le dialogue avec les partis politiques représentés au Parlement
demeure ouvert », considérant ces formations comme « un partenaire essentiel
dans la gestion des affaires publiques ».À l’approche des élections locales
prévues le 28 novembre, il a appelé les jeunes à se porter candidats aux
Assemblées populaires communales et de wilaya.« Le développement de l’action
locale passe par le renforcement du rôle de la commune et l’encouragement des
citoyens, notamment les jeunes, à participer à la gestion », a-t-il déclaré.Le président Tebboune a également défendu les
mesures prises pour faciliter la participation des jeunes aux élections,
notamment le financement de leurs campagnes afin de limiter l’influence de
l’argent dans le processus électoral.
La lutte contre la corruption a
également été abordée. Le chef de l’Etat a estimé que la numérisation avait
permis de réduire les pratiques illégales dans plusieurs secteurs.Selon lui, le phénomène de corruption « a
considérablement diminué et n’est plus un phénomène généralisé ». La transformation
numérique aurait notamment permis de « dénoncer les manipulations dans divers
domaines ».Il a toutefois affirmé que le phénomène «
devrait être inexistant », avertissant que l’Etat continuera à surveiller les
pratiques susceptibles de porter atteinte à l’économie nationale et aux
réserves de change.
Sur le plan diplomatique, le
président Tebboune a notamment évoqué la rupture des relations avec les
Emirats arabes unis. Il a
exclu un retour en arrière, déclarant : « Quand nous prenons une décision, il
n’y a pas de retour en arrière ». Il a également affirmé que « la situation est
arrivée au point de non-retour », tout en assurant que l’Algérie ne cherchait
pas à multiplier les différends avec les autres Etats.Concernant
le Sahara occidental, le président Tebboune a réaffirmé son soutien au droit du
peuple sahraoui à déterminer son avenir. Il a estimé que « la résolution des
Nations unies et du Conseil de sécurité prévoit de parvenir à une solution
acceptable par les deux parties, et que nos frères sahraouis sont les maîtres
de leur destin et nous sommes à leurs côtés ».Sur le Sahel, le chef de l’Etat a
souligné que la préservation de la stabilité de cette région passe par
« le développement », précisant que le chaos et le terrorisme se
nourrissent de la pauvreté et de l’absence d’institutions étatiques.Concernant
la situation au Niger, le président de la République a indiqué que l’Algérie a
envoyé des avions militaires vers ce pays frère après que certaines parties
eurent persisté dans leurs manœuvres. Le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, se trouvait
en visite en Algérie et était rentré de nuit chez lui avant qu’une tentative de
coup d’Etat ne survienne, s’est-il indigné. « Les choses sont claires,
c’est une provocation à notre égard… », a fait observer le président de la
République.S’agissant des relations de l’Algérie avec
le Mali, le président Tebboune a déclaré : « Dans nos relations avec le
Mali, nous sommes beaucoup plus proches l’un de l’autre qu’on ne le
pense », précisant que « l’Algérie ne s’immiscera pas dans les
affaires intérieures de ce pays frère ».S’agissant de la situation au
Soudan et au Soudan du Sud, il a indiqué que l’Algérie avait aidé ce dernier
après son indépendance, un geste accueilli favorablement par les Soudanais,
avant de s’interroger sur l’utilité de l’indépendance alors que la guerre
fait rage. Il a réaffirmé la position constante de l’Algérie, en faveur de la
légalité internationale et de la légitimité locale, tout en insistant sur
l’impératif de mettre fin aux divisions au Soudan et de cesser d’alimenter la
guerre dans ce pays frère.A
une question sur la demande du président iranien d’effectuer une escale
technique de son avion en Algérie, il a indiqué que « l’Algérie
l’accueille, comme elle accueille tout autre président ». « C’est ça
l’Algérie, fière et souveraine dans sa décision », a-t-il soutenu.Interrogé sur le passage
des navires algériens par le détroit d’Ormuz, il a indiqué que leur circulation
était normale. L’Algérie « n’a de problème avec personne« , a-t-il
fait observer, avant de préciser que le passage de ces navires signifie que
« nous partageons la vision des grandes puissances en matière de stabilité
du marché pétrolier ».Il a également évoqué les relations de l’Algérie
avec plusieurs pays, soulignant que le maintien de relations d’amitié et de
partenariat avec la Russie, les Etats-Unis et la Chine n’était pas impossible
pour l’Algérie qui ne renoncera pas aux relations d’amitié qui l’unissent à ces
pays. Il a affirmé que l’Algérie et la Russie étaient liées par une solide
relation d’amitié, bénéfique aux deux pays, se félicitant du développement de
cette relation sur le plan économique.