SOCIÉTÉ-
BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ROMAN ADIB BENAZZI- « AU-DESSUS D’ALGER,
SEULEMNET LES ÉTOILES »
Au-dessus d’Alger,
seulement les étoiles. Roman de Adib Benazzi.Editions Barzakh, Alger 2024, 311 pages, 1 200 dinars
Suite au crime d'un jeune punk ukrainien à la cité Malki (Alger ), Djalal un algéro-britannique ayant grandi à Alger , pilote de
ligne à Londres vivant confortablement , mais tourmenté, se retrouve mêlé
à toute une histoire (mêlant l’Histoire du pays, des services secrets, la
diplomatie , le terrorisme international....) devenant même le principal
suspect et jouant sa voie à chaque instant. Il se met à la recherche de la
vérité ne sachant nullement ce qui l’attendait.Il
se retrouve donc dans une véritable chasse à l'homme avec les
entraves de secrets d'Etat et des exhumations de meurtres, le tout auréolé de
dissimulations. Au fil de l'enquête qu'il entreprend, il est au centre d'un sac
de problèmes qui l'amèneront d'Algérie (Cité Malki, Tlemcen, Beni Isguen, Club
des Pins....) , au Kazakhstan, en Inde, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud
, à Cuba, au Niger, aux Etats -unis pour recouvrer la vérité.Son métier de pilote (on aura même , au passage, des
leçons de pilotage) et sa maîtrise des langues vont beaucoup lui
servir. On se retrouve au sein d’une saga qui prend ses racines au 18
siècle lorsqu'Alger était l'objet de convoitises géopolitiques avec, surtout,
un événement survenu à Alger .....en mai 1785). Ce roman est un voyage dans le temps pour mieux appréhender
l'Histoire passée et contemporaine du pays, explorant des périodes-clés de
l’histoire algérienne : de la lutte d’indépendance à l’essor révolutionnaire
des années 1970..... À travers ce récit, l’auteur explore
les pages de l’histoire de l’Algérie-du XVIIIe siècle, époque où , déjà, Alger suscitait toutes les convoitises
géopolitiques, les années 1970, lorsque la ville brillait comme «La Mecque des
révolutionnaires».....et, jusqu’à la fin
des années 2000
Djalal, fils d’Imam
(ex-pilote de chasse de l’Armée ) et de maman
archéologue pagsiste , orphelin très tôt (parents
décédés lors d’un « accident ») va donc jouer sa vie à chaque instant.Résulat : une odyssée des temps modernes, un
thriller international où le destin du héros finit par se confondre avec celui
de son pays natal.
L’Auteur :Né en 1980, Adib Benazzi a grandi en Algérie puis à l’étranger, entre autres
en Mauritanie. Après des études en France, il a vécu à New York, Dublin et Singapour.Il vit aujourd’hui à Londres où il travaille dans
le domaine de la technologie.Déjà
auteur d’un premier roman, « Marée basse » (Dalimen,
2022)
Extraits : « Nous avons
appris à vivre dans ces profondeurs, sans oxygène (note : Rue Didouche, Alger) .Mais nous
suffoquons néanmoins, lentement.Ce récif se veut
celui des petits poissons.Les gros , eux, ne
s’aventurent que rarement par ici. Parfois, le courant en amène dans leurs
luxueuses voitures aux vitres teintées , conçues pour leurs sombres conciliabules.Les énormes cachalots qui gèrent le pays
depuis le début des années 2000, la grande baleine bleue en tête, voguent
quelque part, bien au-dessus de nos têtes » (p 47), « Un jeune couple
confondait danse et transe passionnelle, au son d’une radio posée sur le bitume
(note : à Cuba).Leurs corps musclés luisaient au soleil.Ils se lançaient des œillades ténébreuses.Leurs
élans tournoyants et gracieux étourdissaient les censeurs.Par
cette danse lascive, ils proclamaient leur liberté .Par cet art, ils s'acharnaient
à célébrer la vie dans leur pays confiné » (p 158), « Ton père m’a
montré qu’un
autre monde était possible.Il
venait d’une famille de religieux.Son père était
imam, son grand-père l’avait été...Lui, aspirait à autre chose.Ses
yeux portaient le ciel, comme eux , mais pour des motifs différents »
(p 163), « Leur union allait de soi.....Il regardait vers le ciel,
elle l’accompagnait dans le nuages.Elle déclenchait
la révolution, il prenait les armes » (p182),
Avis : Un thriller international haletant où le destin du héros
finit par se confondre avec celui de son pays .Enfin, un grand (et bon ) roman ......policier (et d’aventures)
qui entretient en permanence le suspens. Surtout , ne
commencez pas par la fin , mais dégustez chapitre après chapitre les
tribulations du héros. Un excellent et têtu « détective » à la
recherche de la vérité (et, aussi de sa personnalité réelle) qui, de plus, a
des « visions » facilitant son enquête.
Citations : « La langue russe est comme une maîtresse capricieuse,
prends toujours soin d’elle, sinon elle te quittera sans état d’âme.Et tu devras travailler dur
pour qu’elle daigne te considérer de nouveau » (p 27), « La
révolution ne peut pas être permanente, sinon c’est une stagnation »
(p162)