ECONOMIE- ETRANGER- IDE/RAPPORT CNUCED 2026
Les perspectives pour les investissements directs
étrangers (IDE) restent incertaines et fragiles pour 2026, après avoir connu
une hausse de 14% l’année dernière, indique un rapport de la Conférence des
Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).
A l’avenir, les risques à la baisse s’accentuent et
les flux d’IDE pourraient augmenter modérément en 2026 si les conditions de
financement continuent de s’assouplir et si les fusions-acquisitions
transfrontalières reprennent. Cependant, l’activité réelle d’investissement
devrait rester atone, pénalisée par les tensions géopolitiques, l’incertitude
politique et la fragmentation économique.
Sans action coordonnée, les investissements mondiaux
risquent de se concentrer davantage dans quelques régions et secteurs, alertent
les rédacteurs du rapport. En 2025, les IDE, qui ont atteint 1600 milliards de
dollars selon les estimations de la Cnuced, ont
fortement augmenté dans les économies développées mais ont reculé dans les pays
en développement, se concentrant de plus en plus dans des secteurs à forte
intensité de capital tels que les centres de données, précise la même source.
Toutefois, le rapport souligne que la croissance globale surestime la reprise : «Une grande partie de cette augmentation provient de flux
transitant par les centres financiers mondiaux, tandis que l’activité réelle
d’investissement demeure fragile », souligne le rapport.
Et d’ajouter que les tendances en matière
d’investissement indiquent un élargissement des écarts entre économies
développées et en développement, une concentration croissante dans un petit
nombre de secteurs stratégiques et une faiblesse persistante des projets les
plus cruciaux pour le développement durable. En effet, le rapport indique que
ce sont les centres financiers qui tirent cette croissance, puisque plus de 140
milliards de dollars de cette augmentation proviennent de flux plus élevés via
les centres financiers mondiaux. «Sans ces flux de
transit, l’IDE mondial n’a augmenté que d’environ 5%.
Cela met en évidence la reprise limitée de l’activité
d’investissement sous-jacente », explique-t-on. Selon les données de la Cnuced, la valeur des fusions et acquisitions
internationales a chuté de 10%, tandis que le financement international de
projets a baissé de 16% en valeur et de 12% en nombre d’opérations, «marquant une quatrième année consécutive de baisse et
atteignant des niveaux observés pour la dernière fois en 2019».
Par ailleurs, le rapport fait état d’une diminution
des annonces de projets d’investissements entièrement nouveaux de type «greenfield», en recul de 16% en
nombre. Les valeurs totales étaient élevées mais portées par un petit nombre de
mégaprojets, précise-t-on. En revanche, le rapport met en lumière une
concentration croissante des IDE dans des projets exigeant des investissements
importants et reposant sur la technologie. Il note que les centres de données
ont attiré plus d’un cinquième de la valeur mondiale des projets «greenfield» en 2025, avec des
investissements annoncés dépassant 270 milliards de dollars. La demande a été
stimulée par les infrastructures liées à l’IA et aux réseaux numériques. De
même, la valeur des projets de semi-conducteurs nouvellement annoncés a
augmenté de 35%.
A l’inverse, le nombre de projets a fortement chuté de
25% dans les secteurs soumis aux droits de douane et intensifs en chaînes de
valeur mondiales. Les textiles, l’électronique et la machinerie ont été
particulièrement touchés, selon la même source. Enfin, les auteurs du rapport
de la Cnuced indiquent que les investissements dans
les infrastructures et l’énergie renouvelable restent faibles.
Mohamed Ayadi Secrétaire
Général (SG) du Comité de liaison de la Route