FINANCES- FINANCES PUBLIQUES- LOI DE
FINANCES 2026/SYNTHÈSE PRESSE
Adoptée le 4 décembre par le Conseil de
la nation et le 18 novembre 2025 par l’Assemblée populaire nationale (APN),
cette loi consacre une série de mesures législatives destinées notamment à la
préservation du pouvoir d’achat du citoyen, à l’appui aux investissements et à
l’économie nationale, ainsi qu’à la simplification et la numérisation des
procédures fiscales. La loi de finances 2026 (Joradp
n°88 du 31 décembre 2025)a
mis l’accent sur le soutien à la croissance économique, la relance de
l’investissement productif et la consolidation des acquis sociaux. Selon ses
prévisions, la croissance économique de l’Algérie devrait s’établir à 4,1 % en
2026, à 4,4 % en 2027 et à 4,5% en 2028, en tenant compte de l’évolution du
contexte national et international, notamment des performances attendues des
secteurs hors hydrocarbures. Dans ce cadre, le produit intérieur brut en valeur
courante devrait atteindre 41.878,3 milliards de dinars en 2026, avant de
progresser à 45.018,4 milliards de dinars en 2027 puis à 48.395,7 milliards de
dinars en 2028. Le PIB hors hydrocarbures est appelé à jouer un rôle central
dans cette dynamique, avec un niveau estimé à 36.286,5 milliards de dinars en
2026, pour atteindre plus de 43.000 milliards de dinars à l’horizon 2028,
soutenu par une croissance hors hydrocarbures avoisinant 5 %. Le cadrage
macroéconomique et budgétaire de la loi de finances 2026 a été établi sur une
projection triennale 2026-2028, reposant sur un prix de référence fiscale du
baril de pétrole fixé à 60 dollars et un prix de marché estimé à 70 dollars. La
dynamique économique devra être portée principalement par les secteurs hors
hydrocarbures, notamment l’agriculture, l’industrie, la construction et les
services. Le secteur agricole enregistrera une croissance moyenne de 5,4 %,
tirée par les investissements en cours et l’amélioration de la production, en
particulier céréalière, dont les volumes devraient passer de 44 millions de
quintaux en 2026 à 62 millions en 2028. Cette évolution refléterait les
effets attendus des réformes engagées dans les filières stratégiques, telles
que la céréaliculture, la production laitière et les viandes rouges. Le secteur
industriel devrait, pour sa part, afficher une croissance de 6,2 %, tandis que
le secteur du bâtiment et des travaux publics devrait progresser de 5,1 %,
soutenu par la relance des investissements et la poursuite des programmes de
logement. Les services devraient également contribuer à la croissance, avec un
taux estimé à 5 %. Sur le plan social, le PLF 2026 a mobilisé d’importantes
ressources budgétaires pour les transferts sociaux et les subventions. Les
dépenses budgétaires globales devraient atteindre 17.636,7 milliards de dinars
en 2026, tandis que les recettes étaient estimées à 8.009 milliards de dinars.
Une part significative du budget avait été consacrée à la masse salariale, qui s’élevait
à 5.926 milliards de dinars, ainsi qu’aux transferts sociaux, évalués à 2.812
milliards de dinars, couvrant notamment l’allocation chômage, les retraites et
les subventions aux produits de large consommation. Aussi, la loi de finances
2026 intègre un ensemble de mesures à forte portée sociale visant
l’amélioration concrète des conditions de vie des citoyens et la préservation
du pouvoir d’achat. Elle prévoit l’exonération totale de droits et taxes, y
compris les contributions additionnelles, pour l’importation de 10.000 bus
neufs de transport de 10 personnes ou plus, montés ou non montés, ainsi que
pour les pièces et composants importés séparément. Cette mesure répond au
besoin urgent de renouvellement du parc de transport public, avec un impact direct
sur la qualité du service, les coûts de déplacement et l’accessibilité pour les
usagers. Par ailleurs, la loi encourage la transition énergétique domestique en
réduisant les droits de douane sur les chauffe-eaux solaires de 30 % à 15 %,
favorisant une solution plus économique et durable pour les ménages, tout en
allégeant les dépenses énergétiques. Ces dispositions traduisent une approche
sociale ciblée, articulant amélioration des services publics, soutien au
pouvoir d’achat et promotion de solutions durables, dans un contexte
macroéconomique marqué par une trajectoire de croissance progressive à moyen
terme. Enfin, la loi de finances 2026 a souligné que la trajectoire budgétaire
pour la période 2026-2028 s’inscrit dans une logique de maîtrise progressive
des dépenses publiques et d’encadrement de l’évolution des recettes fiscales,
avec pour objectif de réduire graduellement le déficit global du Trésor tout en
préservant la stabilité économique et sociale. Après son adoption à la majorité
par l’Assemblée populaire nationale, le projet de loi de finances 2026 avait
entamé sa deuxième phase d’examen au Conseil de la nation. Contrairement à
l’APN, une seule séance avait été consacrée à la présentation du texte avant
l’ouverture des débats, précédée de son examen par la commission des affaires
économiques et financières, chargée d’élaborer un rapport préliminaire
comprenant analyses et observations. À cette occasion, le ministre des
Finances, Abdelkrim Bouzred, a défendu les grandes
orientations de la politique budgétaire et exposé les enjeux du projet ainsi
que leurs implications. Il convient de rappeler que le débat à l’APN a été
riche et parfois houleux, notamment sur les questions liées au déficit
budgétaire, à la politique des subventions et à certaines dispositions fiscales
ayant suscité des divergences parmi les élus. Après trois jours de discussions,
un consensus s’était dégagé autour du texte, passé au crible à travers plus de
250 interventions parlementaires, sans compter les auditions au niveau de la commission
des finances et des budgets et les contributions des six groupes
parlementaires. Cette forte mobilisation témoignait de l’importance accordée à
ce texte structurant, qui encadrait l’ensemble des opérations budgétaires,
fiscales et financières de l’État. Lors de ses interventions, le Premier
Argentier du pays s’était montré rassurant quant à la maîtrise et à la
stabilisation des dépenses. Le projet de loi de finances pour 2026 a été fondé
sur 70 % de la consommation de l’année précédente, le déficit devant être
financé par la dette intérieure, sans incidence sur les prix ni sur les taux
d’inflation. Contenant des mesures destinées à soutenir la croissance
économique, à améliorer la gestion des ressources publiques, à encourager
l’investissement productif et à préserver le pouvoir d’achat, le PLF 2026
venait consolider les avancées macroéconomiques reconnues tant par la Banque
d’Algérie que par des institutions financières internationales telles que le
FMI et la Banque mondiale. Selon le ministre, ce texte traduit la
transformation profonde de l’économie nationale, désormais sortie de la logique
rentière pour s’orienter vers une diversification réelle des recettes,
orientation sur laquelle repose le budget de l’année 2026. Le principal défi
consiste à maintenir un taux de croissance économique de 4,1 % tout en
maîtrisant la dette intérieure, estimée à près de 18.000 milliards de dinars.